Hantavirus: le Cameroun rassure et renforce son dispositif de veille sanitaire

Hantavirus: le Cameroun rassure et renforce son dispositif de veille sanitaire

Yaoundé, 15 mai 2026. Face aux inquiétudes suscitées par la médiatisation d’un foyer d’infection à hantavirus  à l’international, le gouvernement camerounais appelle au calme et à la vigilance. Au cours d’un point de presse organisé au Centre de Coordination des Opérations d’ Urgence en Santé Publique (CCOUSP) à Yaoundé, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a rassuré l’opinion publique nationale en affirmant qu’aucun cas n’a, jusqu’à présent, été détecté au Cameroun et que le niveau de risque reste faible.

Aux côtés du ministre, plusieurs partenaires majeurs du secteur de la santé ont pris part à cette communication, parmi lesquels le Représentant Résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Cameroun, Dr Magaran Monzon Bagayoko. Celui-ci a salué la promptitude de la riposte camerounaise et le renforcement du dispositif de veille sanitaire, affirmant que « les mesures prises par le Gouvernement sont conformes aux standards internationaux en matière de prévention et de préparation face aux menaces sanitaires émergentes ». Le Directeur général du Centre Pasteur du Cameroun, Dr Mirdad Kazanji, ainsi que le Directeur pays des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), au Cameroun, Dr Mohamed Falilu Jalloh, étaient également présents.

Un contexte international sous surveillance

Selon les informations communiquées, l’alerte sanitaire trouve son origine dans un épisode survenu à bord d’un navire de croisière ayant quitté Ushuaïa, en Argentine, le 1er  avril 2026. Le 2 mai 2026, les autorités sanitaires britanniques ont signalé à l’OMS un foyer de cas d’une maladie respiratoire aigue sévère parmi les passagers.

Les analyses effectuées par des laboratoires de référence ont permis d’identifier l’hantavirus. À ce jour, 11 cas ont été recensés dont 8 confirmés, 2 décès et 1 non concluant à l’échelle mondiale, tandis que de nombreuses personnes  sont surveillées dans plusieurs pays dans le cadre du suvi des contacts. 

Un virus rare mais potentiellement grave

L’hantavirus, identifié pour la première fois en Corée du Sud dans les années 1970, est transmis par les rongeurs sauvages. La maladie débute généralement par des symptômes similaires à ceux de la grippe, notamment la fièvre et les douleurs musculaires, avant d’évoluer, dans certains cas, vers des formes respiratoires sévères.

À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible. Toutefois, l’Organisation mondiale de la Santé considère que le risque de propagation à l’échelle mondiale reste faible.

Le Cameroun hors de la zone à risque

Au Cameroun, les autorités sanitaires se veulent rassurantes. « Aucun cas n’a été détecté sur le territoire national ni sur le continent africain », a insisté le ministre de la Santé publique. De plus, aucune liaison n’a été établie entre le pays et les itinéraires empruntés par les passagers concernés.

Autre facteur rassurant : l’absence de réservoir connu du virus Andes en Afrique, ce qui limite fortement le risque d’émergence locale.

Des mesures préventives déjà renforcées

Malgré un niveau de risque jugé faible, le gouvernement a pris les devants en renforçant son dispositif de veille sanitaire.

Parmi les mesures engagées :

  • Le renforcement de la surveillance aux points d’entrée, notamment dans les aéroports internationaux de Yaoundé et Douala ainsi que dans les ports maritimes de Douala, Limbe et Kribi ;

  • La réactivation des dispositifs d’isolement dans les formations sanitaires de référence ;

  • La préparation du personnel médical à la prise en charge d’éventuels cas ;

  • La collaboration avec des laboratoires de référence, notamment l’Institut Pasteur de Dakar, pour le diagnostic ;

  • La mise en place d’une stratégie de communication renforcée.

N.B : Un plan national spécifique de préparation et de riposte est également en cours d’élaboration.

Appel au calme et à la responsabilité

Le ministre de la Santé Publique a insisté sur l’importance d’éviter toute psychose. « Rien, dans la situation actuelle, ne justifie une inquiétude excessive », a-t-il déclaré, appelant les populations à poursuivre leurs activités quotidiennes dans la sérénité.

Les autorités recommandent toutefois le respect des mesures d’hygiène de base, telles que le lavage régulier des mains, l’hygiène respiratoire et le port du masque en cas de symptômes.

Un numéro vert, le 1510, reste disponible pour toute information ou signalement.

Une mobilisation constante des autorités

Sous l’impulsion du président de la République, Paul Biya, le gouvernement se veut pleinement engager dans la protection de la santé des populations. Les autorités sanitaires assurent qu’elles continueront de suivre de près l’évolution de la situation au niveau international et de tenir l’opinion publique informée en toute transparence.

Dans l’immédiat, le message est clair : vigilance oui, mais sans panique.

 

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WEGANG Germaine

Chargée de communication
OMS Cameroun
E-mail: wegangg [at] who.int (wegangg[at]who[dot]int)