Journée mondiale de lutte contre le paludisme : transformer l’urgence en action au Congo

Journée mondiale de lutte contre le paludisme : transformer l’urgence en action au Congo

Pointe-Noire, 25 avril 2026 – Dans une salle comble, la 19ème journée mondiale de lutte contre le paludisme n’a pas été une simple commémoration. Elle a sonné comme un avertissement et un sursaut national avec le message clair et sans équivoque : le Congo peut vaincre le paludisme, mais le temps presse. Placée sous le thème mondial « Mettre fin au paludisme, maintenant c’est possible. Agissons maintenant » et le sous-thème national axé sur l’assainissement environnemental, la cérémonie a conjugué science, engagement politique et mobilisation citoyenne.

Dès l’entame, Quatre présentations scientifiques ont posé les bases d’un débat lucide. Les indicateurs montrent des avancées, notamment dans l’accès au diagnostic et aux traitements, la surveillance sentinelle renforce le dispositif national de surveillance mais résistance des vecteurs aux insecticides est rapportée avec des variations dans les départements. Un signal fort rappelant que la lutte doit s’adapter en permanence aux réalités locales.

Dans son allocution de circonstance, le Représentant de l’OMS au Congo, Dr Vincent Dossou Sodjinou, a livré un message à la fois optimiste et pressant. « Nous disposons aujourd’hui de la volonté, des connaissances et des outils nécessaires pour réduire considérablement les cas et les décès liés au paludisme… nous devons le faire maintenant » a-t-il déclaré. « Le thème 2026 n’est pas qu’un slogan, il est une injonction. Agissons ensemble pour finir le paludisme, maintenant et pour toujours » a insisté Dr SODJINOU. Il a rappelé que plus de 282 millions de cas et plus de 600 000 décès ont été enregistrés en 2025, avec une forte proportion en Afrique. Au niveau national, le constat reste tout aussi préoccupant. Le Ministre de la Santé et de la Population, Jean-Rosaire Ibara, a rappelé que le pays a enregistré plus de 1,4 million de cas et 2 250 décès en 2025, confirmant le paludisme comme première cause de consultation, d’hospitalisation et de mortalité. Face à cette situation, le Gouvernement mise sur une approche intégrant l’environnement comme levier central. « Accélérons la réduction du nombre de cas de paludisme, par le renforcement de la destruction des gîtes larvaires dans nos quartiers et villages » a ajouté le Ministre. Plus qu’une stratégie, c’est un appel à la responsabilité collective, car la lutte contre le paludisme est une affaire de tous. 

Au-delà des discours, la cérémonie a illustré cette mobilisation multisectorielle. Intrônisation d’ambassadeurs anti-paludisme, remise de certificats et de kits d’assainissement à des quartiers, projections de sensibilisation et expression poignante des enfants ont rythmé l’événement, transformant les engagements en actions visibles. 

Cette convergence entre science, politiques publiques et engagement communautaire traduit une évolution stratégique majeure. La lutte contre le paludisme ne se limite plus aux soins, elle s’inscrit désormais dans une approche intégrée où l’assainissement du cadre de vie devient un pilier essentiel.

Avec l’appui de partenaires tels que l’OMS, le Fonds mondial et CRS, le Congo entend consolider ses acquis, notamment la gratuité des soins pour les groupes vulnérables, la couverture en moustiquaires imprégnées et le déploiement des relais communautaires. 

Mais les défis demeurent importants, entre dépendance aux financements extérieurs, disparités territoriales et émergence de résistances.

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Mohamed Diawara
Chargé de communication
OMS Congo
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