Accélérer la qualité des soins maternels : un nouvel élan pour l’Afrique
Lomé – L’Afrique a enregistré des progrès au cours des dernières décennies, mais ceux‑ci restent trop lents pour atteindre la cible mondiale de moins de 70 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030. L’écart est tel qu’il faudrait multiplier par douze la vitesse actuelle de réduction de la mortalité maternelle. Dans cette perspective, la révision du Guide du Prestataire pour les Soins Obstétricaux et Néonatals d’Urgence (Guide SONU) apparaît comme une réponse urgente aux défis persistants.
Pour accentuer les progrès en santé maternelle et néonatale afin d’atteindre les cibles mondiales, une rencontre régionale organisée à Lomé du 23 au 27 mars 2026 a réuni des experts de 16 pays autour d’un objectif commun : renforcer la qualité des soins pour sauver davantage de vies. Dans un contexte où chaque avancée peut transformer la santé de millions de femmes et de nouveau-nés, cette initiative marque un tournant majeur. Elle traduit une volonté collective d’aligner les pratiques sur les nouvelles évidences scientifiques, d’harmoniser les standards et d’ancrer les systèmes de santé africains dans les meilleures évidences scientifiques disponibles.
Les échanges ont mis en lumière le Guide du Prestataire pour les Soins Obstétricaux et Néonatals d’Urgence (Guide SONU), un document qui demeure essentiel pour la pratique clinique et constitue pour les équipes de professionnels de santé (en particulier de première ligne), un outil de référence qui facilite la mise en œuvre des recommandations de l’OMS, renforce la cohérence des pratiques et améliore les chances de survie des mères et des nouveau-nés. Pour le Dr Léopold Ouédraogo, Conseiller au Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, « il y a effectivement de nouvelles évidences scientifiques qui ont été validées depuis la dernière édition de 2018 ». Dans ce contexte, l’absence de mise à jour du référentiel reviendrait à maintenir en place des protocoles dépassés et à réduire l’efficacité des interventions susceptibles de sauver des vies.
L’esprit qui a marqué cette concertation régionale illustre une dynamique profonde d’harmonisation des pratiques sur le continent. Le Dr Khaled Neji, Président de la Société Africaine de Gynécologie et d’Obstétrique (SAGO), résume cette ambition : « Nous visons une harmonisation des pratiques pour qu'une femme qui accouche à Dakar, Bamako, Tunis ou ailleurs reçoive les mêmes prestations en matière de soins d'urgence. » Cette vision place l’équité au cœur de l’action : la qualité des soins ne doit plus dépendre du lieu de naissance, mais devenir un droit partagé par toutes les femmes.
Les sages-femmes, piliers des soins maternels et néonatals, occupent une place centrale dans ce processus. Présentes aux côtés des femmes avant, pendant et après l’accouchement, elles jouent un rôle déterminant dans l’application du Guide SONU. Pour Annie Hortense Atchoumi, Présidente de la Fédération Africaine des Sages-Femmes, « Les sages-femmes ont un rôle crucial en Afrique dans la dissémination et l'application de ce guide, car elles sont en première ligne pour faire reculer la mortalité maternelle. »
Au-delà des compétences individuelles, la réussite repose sur la capacité des systèmes de santé à intégrer et maintenir ces nouvelles pratiques. Le Pr Blami Dao rappelle qu’« il faut que ces protocoles soient appliqués dans nos hôpitaux, depuis le CHU jusqu'aux centres de santé ». La mise à jour du guide n’est que la première étape : la transformation réelle dépendra de son application, soutenue par une gouvernance forte, un financement adéquat et un engagement opérationnel à tous les niveaux.
Pour assurer la pérennité de ces avancées, les partenaires techniques — l’OMS, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS/WAHO) renforcent cette dynamique régionale. Le Dr Koudema Winiga, expert de l’OMS en santé tout au long du cycle de vie, a réaffirmé l’engagement de l’Organisation au nom du Représentant de l’OMS au Togo : « L’OMS reste engagée pour appuyer la mise à jour du Guide SONU, renforcer les capacités et soutenir des soins de qualité pour chaque mère et chaque nouveau-né. »
La révision du guide ouvre ainsi une nouvelle phase où les pays s’engagent à moderniser la pratique clinique, renforcer la qualité des soins et construire des systèmes de santé plus résilients. Les impacts attendus dépassent le domaine maternel : ils touchent à la confiance des communautés et à la capacité à gérer les crises sanitaires.
Cette initiative régionale constitue avant tout un engagement envers la vie, la dignité et l’accès équitable aux soins. Elle représente une étape décisive vers une Afrique où aucune femme et aucun nouveau-né ne doit mourir de causes évitables, un pas concret vers des systèmes de santé plus forts, plus sûrs et plus humains.
Chargée de communication
Bureau Régional de l'OMS pour l'Afrique
Email: dialloka [at] who.int (dialloka[at]who[dot]int)
Communications officer
WHO regional ofice for Africa
Email: ntaganiram [at] who.int (ntaganiram[at]who[dot]int)
