En République démocratique du Congo, les maladies infectieuses demeurent la principale cause de morbidité et de mortalité à travers le pays,année après année, malgré les signes progressifs d’une transition épidémiologique. Les chiffres les plus récents de l’Enquête Démographique et de Santé en dressent un tableau sans ambiguïté. Le paludisme, les infections respiratoires inférieures et les maladies diarrhéiques figurent toujours en tête des causes de mortalité. À ces fléaux s’ajoutent la malnutrition chronique et les maladies tropicales négligées, enracinées dans les réalités sociales, économiques et environnementales du pays, et qui continuent de peser lourdement sur la santé des populations les plus vulnérables.
Au fil des années, les programmes de santé ont développé, en complément des services de routine, des campagnes de masse destinées à atteindre rapidement des millions de personnes. Vaccination, prévention, traitement : ces opérations, souvent vitales, sont devenues des rendez-vous réguliers dans le calendrier sanitaire national.
Mais sur le terrain, derrière l’élan et l’urgence, une autre réalité se dessine. La plupart de ces campagnes sont conçues et mises en œuvre de manière verticale, programme par programme. Pourtant, au niveau des centres de santé et des communautés, ce sont souvent les mêmes agents de santé et les mêmes relais communautaires qui sont mobilisés, campagne après campagne.