Skip to main content

Le Congo renforce son engagement pour réduire la consommation nocive d’alcool

Le Congo renforce son engagement pour réduire la consommation nocive d’alcool
Le Congo renforce son engagement pour réduire la consommation nocive d’alcool
More pictures

Brazzaville, 12-13 juin 2026 – Le Ministère de la Santé et de la Population, avec l’appui technique et financier de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a organisé une concertation nationale sur la consommation nocive d’alcool. Pendant deux jours, une cinquantaine de représentants des ministères, des institutions publiques, de la société civile, des confessions religieuses, des médias et des partenaires techniques et financiers ont uni leurs efforts pour définir une réponse multisectorielle face à un problème majeur de santé publique. 

La consommation nocive d’alcool constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de risque des maladies non transmissibles, des traumatismes et des troubles mentaux. En République du Congo, les données de l’analyse situationnelle réalisée par l’OMS en 2025 révèlent une progression préoccupante du phénomène, marquée par une consommation croissante chez les jeunes, une forte exposition aux stratégies de marketing des boissons alcoolisées et des conséquences sanitaires et sociales importantes, notamment les accidents de la route, les violences, les cancers, les maladies cardiovasculaires et les troubles liés à la santé mentale. 

Dans son allocution d’ouverture, le Dr Guy Michel Mbemba, Conseiller à la santé de la reproduction au Bureau de l’OMS au Congo, a rappelé que la consommation nocive d’alcool est un défi qui dépasse le seul secteur de la santé et appelle une mobilisation de tous les acteurs. « Face à ce constat, qui dépasse les seules compétences du secteur de la santé, il apparaît impératif de changer de paradigme en passant d'une gestion cloisonnée dans le secteur de la santé à une riposte multisectorielle coordonnée. »

Il a également lancé un appel à l’engagement collectif afin de protéger durablement le capital humain du pays : « La consommation excessive d’alcool n’est pas une fatalité, elle peut être réduite grâce à une volonté commune et à l’engagement de chacun. » Enfin, il a assuré que l’OMS continuera d’accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre de stratégies efficaces de lutte contre l’alcoolisme. 

Ouvrant officiellement les travaux au nom du Ministre de la Santé et de la Population, le Dr François Libama, Conseiller aux projets et programmes de santé, a souligné que cette initiative traduit la volonté du Gouvernement de faire de la lutte contre la consommation nocive d’alcool une priorité nationale.

« Cette concertation s’inscrit dans le cadre des efforts du Gouvernement à travers le ministère en charge de la santé visant à promouvoir la santé publique et à réduire les facteurs de risque des maladies non transmissibles » a-t-il indiqué. Il a invité l’ensemble des participants à mettre à profit ces assises pour dégager des recommandations consensuelles et opérationnelles capables d'orienter les futures politiques publiques en matière de prévention et de réduction de la consommation nocive d’alcool. 

Au cours des travaux, les participants ont été édifiés sur les orientations stratégiques de l’OMS, notamment le paquet technique SAFER, qui propose cinq interventions à fort impact : limiter la disponibilité de l’alcool, renforcer la lutte contre la conduite en état d’ivresse, améliorer l’accès au dépistage et à la prise en charge, encadrer strictement la publicité et le marketing des boissons alcoolisées, ainsi qu’utiliser la fiscalité comme levier de réduction de la consommation. Ils ont également examiné les résultats de l’analyse situationnelle réalisée en 2025 et identifié les principaux déterminants favorisant la consommation nocive d’alcool au Congo. 

Répartis en trois groupes thématiques consacrés à la réglementation, à la prévention-communication et à la prise en charge, les participants ont formulé une série de recommandations visant à renforcer durablement la réponse nationale. Parmi les priorités retenues figurent l’élaboration d’un plan stratégique national de lutte contre la consommation nocive d’alcool, la mise en place d’un comité multisectoriel de coordination, le renforcement de la réglementation sur la vente, la publicité et la fiscalité des boissons alcoolisées, l’intensification des activités de sensibilisation, l’intégration du dépistage et de la prise en charge des troubles liés à l’alcool dans les services de santé, ainsi que le renforcement des contrôles d’alcoolémie sur les routes. 

À l’issue des travaux, les participants ont adopté une feuille de route nationale qui servira de cadre de référence pour la mise en œuvre des interventions prioritaires à court et moyen termes. Cette démarche traduit la volonté du Gouvernement, avec l’appui de l’OMS et de l’ensemble des partenaires, de bâtir une réponse coordonnée, multisectorielle et fondée sur les données probantes afin de réduire les conséquences sanitaires, sociales et économiques de la consommation nocive d’alcool et de protéger durablement la santé et le bien-être des populations congolaises.