Mpox en RDC : l’appui décisif de la Banque africaine de développement et de l’Organisation mondiale de la Santé pour protéger les communautés dans la province de l’Équateur

Mbandaka - Dans la chaleur humide de Bolenge, une zone de santé située à 10 km de Mbandaka, dans la province de l’Équateur, au nord-ouest de la République démocratique du Congo, Marc Loseno n’oubliera jamais les premiers jours de la flambée de mpox, cette maladie virale qui se transmet de l’animal à l’humain ou d’une personne à une autre par contact étroit avec des lésions, des liquides corporels ou des objets contaminés. Hygiéniste en première ligne, chaque matin, en franchissant les portes du centre de traitement mpox de sa localité, il avançait avec une peur silencieuse : celle de contracter la maladie en tentant de protéger les siens.

Face à cette menace, entre janvier et juillet 2025, une riposte d’urgence financée à hauteur d’un million de dollars par la Banque africaine de développement et mise en œuvre par l’Organisation mondiale de la Santé, a été déployée en soutien aux autorités sanitaires et pour protéger les communautés dans cette partie du pays. 

Vue de l'aéroport de Mbandaka, porte d’entrée vers l’Équateur
Au plus fort de la crise, l’Équateur comptait parmi les cinq provinces les plus affectées, avec 1 262 cas confirmés et 374 décès (létalité: 29,6%). Dans cette région durement touchée, le besoin de protéger la population et de renforcer les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de santé, était essentiel pour diminuer les risques de transmission. La riposte d’urgence s’est articulée autour des principaux piliers : la détection et le diagnostic précoce, la vaccination, la prévention et la coordination multisectorielle.
Marc Loseno, hygiéniste au centre de traitement mpox de Bolenge dans la province de l’Équateur
L’arrivée des équipements de protection et du matériel de diagnostic moderne a marqué une étape clé dans la lutte contre la mpox dans la province.

Marc Loseno fait partie de plus de 3 000 bénéficiaires ayant reçu ces équipements et des informations essentielles sur la prévention de la maladie à travers des gestes simples. Dans les cartons soigneusement emballés se trouvaient du savon, du chlore, des seaux, des gants, des fiches explicatives et d’autres fournitures de base — autant d’objets ordinaires qui, ici, changent la manière de travailler, et parfois même de survivre dans des contextes d’urgence.

À Mbandaka, tout comme dans les zones de santé de Bikoro et Ingende, les cas suspects ont bénéficié d’une confirmation rapide en laboratoire, grâce notamment à l’installation et à l’équipement de trois laboratoires et au déploiement de la technologie GeneXpert avec 4 800 cartouches mises à disposition.
À Mbandaka, l’OMS soutient la mobilisation communautaire en préparation d’une campagne de vaccination
Sur le terrain, la riposte s’est également construite au plus près des communautés, à travers un ensemble d’actions coordonnées de prévention et de mobilisation. Un réseau de proximité, efficace et à l’écoute, composé de 370 relais communautaires, s’est structuré pour remonter toute alerte, rassurer et orienter les communautés. Il a contribué à sensibiliser plus d’un million de personnes aux mesures de prévention et de protection grâce à des campagnes d’information. En parallèle, 13 406 personnes ont été vaccinées, dont 3 718 agents de première ligne. Ces approches ont joué un rôle capital pour inverser la courbe de l’épidémie. Le nombre de cas confirmés a baissé de 60 %, et seuls 14 décès ont été enregistrés en 2025, contre 417 sur la même période l’année précédente.

« L’arrivée des vaccins nous a soulagés. Nous n’avons plus peur de recevoir nos patients en consultation », témoigne Monique Mulo Itala, infirmière titulaire au centre de santé Mama wa Elikya à Mbandaka.
Séance de démonstration du lavage des mains dans une école de Mbandaka : les enfants âgés de 0 à 15 ans représentaient 63 % des cas suspects de mpox et 80 % des décès dans le pays
Ces interventions ont également bénéficié à d’autres urgences sanitaires comme le choléra avec 250 kits communautaires (dispositif de lavage des mains, du savon et de l'eau potable) installés dans des lieux publics tels que les écoles et les marchés. Dans toute la région, 3 794 ménages ont reçu des kits d’hygiène, dont 3 640 directement affectés dans huit zones de santé prioritaires.

Marc a vu ainsi son quotidien transformé, lui redonnant confiance, tout comme pour les 150 prestataires de santé formés aux mesures de prévention et de contrôle des infections, et à la gestion des déchets médicaux, afin de mieux faire face aux épidémies.

« En tant qu’agent de première ligne, je suis fier d’avoir reçu un kit de prévention et de contrôle des infections et d'avoir pu renforcer mes compétences. Grâce à cela, je travaille désormais en toute sécurité, protégeant à la fois les patients et ma petite famille », explique-t-il, le sourire aux lèvres.
Tous ces efforts ont permis d’améliorer les conditions de vie des ménages, de limiter les contaminations au sein des foyers et de renforcer la sécurité des soins dans les structures sanitaires, offrant ainsi aux familles et aux soignants les moyens de mieux faire face à l’épidémie.

De plus, les pratiques de prévention s’ancrent progressivement dans les habitudes, tant dans les villages que dans les centres urbains : lavage des mains, désinfection systématique des surfaces et gestion des déchets deviennent des réflexes quotidiens, contribuant à mieux protéger les communautés contre diverses infections. Cette dynamique est particulièrement importante pour les enfants, qui représentaient 63 % des cas suspects et 80 % des décès au niveau national.

Pour la Représentante par intérim de l’OMS en RDC, la Dre Anne Ancia, « les résultats obtenus dans la province de l’Equateur montrent qu’une approche intégrée, combinant la prévention et le contrôle des infections, la détection et le diagnostic rapide, la prise en charge précoce et de qualité des cas, la vaccination des personnes les plus à risque et l’engagement des communautés, permet d’atténuer la menace posée par la mpox et par d’autres maladies transmissibles, même dans les contextes les plus difficiles. »

« En donnant aux acteurs locaux les moyens d’agir, il est possible de protéger durablement les populations. L’OMS se réjouit de l’appui décisif de la Banque africaine de développement qui a permis de sauver des vies et de renforcer la résilience des communautés. Nous serons heureux de consolider un tel partenariat afin de continuer à protéger les populations », conclut-elle.

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