Les organisations de la société civile, un acteur clé dans la lutte contre les maladies non transmissibles
Cotonou – Le fardeau des maladies non transmissibles (MNT) devient de plus en plus élevé au Bénin. Les quatre principaux types de maladies non transmissibles sont les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète. Selon l’Enquête STEP 2023, la prévalence pour l’hypertension est de 19,2 % et de 2,3 % pour le diabète. La drépanocytose est toujours un lourd fardeau pour les populations et l’état béninois.
Dans la perspective de réduire ce fardeau, le Programme national de lutte contre les MNT (PNLMNT) pilote différentes initiatives et implique plusieurs acteurs. C’est dans ce cadre que s’est tenu du 8 au 10 avril un atelier de renforcement des capacités des Organisations de la société civile (OSC) engagées dans la lutte contre les MNT. Au total 28 représentants d’OSC actives dans la lutte contre l’hypertension, le diabète, la drépanocytose, le cancer, l’hémophilie etc., et venant de toute l’étendue du territoire béninois ont pris part à cet atelier.
La rencontre de trois jours organisée grâce au financement de NCDI Poverty Network, le Réseau mondial Maladies non transmissibles, Traumatismes et Pauvreté, a bénéficié de l’appui d’autres partenaires dont l’Alliance MNT Bénin et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
A travers cet atelier, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie régionale de l’OMS pour la prise en charge des MNT sévères (PEN Plus), le PNLMNT veut doter les OSC de capacités nécessaires, aussi bien organisationnelles, stratégiques qu’opérationnelles. « Cet atelier s’inscrit dans une démarche de constitution d’un tissu solide d’OSC complémentaires, afin d’accompagner la mise en œuvre du PEN Plus au Bénin et d’encourager la pleine participation des malades », a déclaré le Dr Salmane Amidou, coordonnateur du PNLMNT.
Le but du PNLMNT et de ses partenaires est que les OSC puissent soutenir efficacement les efforts du gouvernement dans la lutte contre les MNT, tout en misant sur la mobilisation communautaire. « Certaines maladies non transmissibles ne peuvent pas être guéries. Il n’y a pas de traitement curatif. Il faut vivre avec la maladie toute sa vie en ayant un mode de vie sain », a rappelé le Dr Raoul Saïzonou, chargé des MNT au Bureau de l’OMS au Bénin. « Les soins se font dans les formations sanitaires, mais également en dehors de celles-ci. D’où l’importance du rôle dévolu aux OSC dans la prévention mais aussi l’orientation des patients pour l’accès aux soins », a-t-il souligné avant de réitérer la disponibilité des partenaires techniques et financiers du secteur de la santé au Bénin à accompagner les OSC.
Tous les acteurs s’accordent à dire que les OSC constituent un maillon essentiel du système de santé. Ainsi, les modules véhiculés lors de cet atelier ont mis l’accent sur la gouvernance, la gestion de projet, la communication et le plaidoyer. Pour Manuelle Okey, représentante de l’Alliance MNT, outiller les OSC, c’est contribuer à d’accroître l’impact de leurs actions et à préserver la santé des populations.
La stratégie « PEN Plus » de l’OMS Afrique vise la prise en charge des MNT sévères dans les centres de santé primaires, notamment les hôpitaux de zone, au plus près possible des communautés.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie PEN Plus au Bénin, quatre centres de santé ont été retenus pour la phase pilote. Il s’agit des hôpitaux de zone de Bembèrèkè, de Kandi et de Sakété, ainsi que du centre de santé de Vakon, dans la commune de Missérété.
