Etre Membre de l’Equipe d’Intervention Rapide Contre Ebola

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Bamako/Brazzavile, 27 Février 2015 - Bankoro, Aimé et Tene sont déterminés et ont foi en ce qu'ils font. Aux premiers jours de l'épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) au Mali, ils se sont engagés dans l'équipe d'intervention rapide (EIR) du Centre Opérationnel d'Urgence (C.O.U) à Bamako, la capitale, afin de servir les communautés. Maintenant que l’épidémie est terminée dans leur pays, ils ont décidé de rester à leur poste pour parer à toute éventualité ‘’car, tant que l’épidémie sévit dans les pays voisins, elle peut resurgir à tout moment au Mali’’. Tene est médecin de santé publique, chargée de la prise en charge des cas. Aimé et Bankoro sont hygiénistes.

"Quand EBOLA a éclaté, il y avait peu d'hygiénistes sur le marché, explique Bankoro. Une épidémie d'Ebola ne peut être combattue sans hygiéniste. J'ai voulu aider mon pays à s'en sortir. L'EIR, recoit des informations, investigue, détecte, fait des prélèvements sur les cas suspects avant leur transfert au Centre de Traitement Ebola (CTE).

‘’Nous avons été formés pour intervenir rapidement et disposons de moyens techniques pour faire notre travail, enchaine Tene. Nous disposons d’ambulances, d’équipements de protection individuelle, de thermoflash pour la prise de température, de produits médicaux, de matériels pour pulvériser et désinfecter les sites y compris la zone à haut risque du CTE. Cette zone, qui est destinée à la prise en charge des cas, est divisée en deux compartiments où sont admis respectivement les cas suspects et les cas confirmés. Les cas confirmés sont soumis à un traitement qui varie en fonction de leur état clinique. Le traitement est administré par voie orale ou par injection. Sur trois patients, nous en avons sauvé deux."

Le travail de l'EIR est extrêmement prenant. Il requiert de la part des membres de l'équipe patience, disponibilité, attention, aptitude à nouer de bonnes relations avec les famille et à les mettre en confiance. Mais, selon Aimé et Bankoro, les débuts n'ont pas été faciles: ‘’nous avons reçu de nombreux cas. En outre, nous avons été confrontés à des problèmes de communication. Une famille vivant à Ouelessebougou, à 80 kilomètres de Bamako, a signalé par téléphone à L'EIR une personne qui présentait des signes de la MVE. Quand nous sommes arrivés sur place, il y’a eu un malentendu sur le lieu du prélèvement. Les parents ont refusé le transfert du malade au CTE. Nous sommes repartis. Une autre équipe est passée le lendemain et a fait le prélèvement sur place. Après le diagnostic au laboratoire, le résultat était négatif."

TENE évoque les rumeurs qui ont circulé sur Ebola et les modes de transmission de la maladie, et les malentendus que cela a occasionnés. "Même au sein de nos différents services, des collègues avaient peur de nous approcher. Nous sommes face à la mort, disaient-ils. Pour ma part, j’ai craint pour ma vie. Mais en tant que médecin, je ne pouvais pas m'écarter.

"Travailler au sein de L'EIR m'a permis d'approfondir mes connaissances en tant qu'hygiéniste", confie AIME. Intervenir sur le terrain n'est pas toujours facile. Il faut aider les gens à comprendre la gravité de la maladie. Cela demande énormément de travail en terme de conscientisation, notamment quand on doit approcher les malades ou les corps des défunts. Certaines familles refusaient que nous le fassions. Cela m'a appris qu'il faut toujours dialoguer."

Selon AIME, "les membres de L'EIR sont considérés comme des soldats. C'est un encouragement non seulement pour nous, mais aussi pour nos collègues afin qu'ils puissent faire face. Dans la vie, il faut être courageux et oser prendre des risques. Si nous avions refusé d'intervenir, Ebola se serait propagée rapidement dans notre communauté."

"A présent, le Mali est déclaré libéré de l'épidémie, je ne peux que me réjouir pour mon pays. Nous entendons parler d'Ebola mais, nous, nous avons vu. C'est une malédiction. Aujourd'hui je dis Gloire à Dieu", affirme AIME. "La population à bien compris les mesures d'hygiène et les a appliquées", enchaîne BANKORO.

De son côté, TENE estime que "la prévention doit être améliorée, et les capacités des agents de santé renforcées au niveau des frontières et des structures de santé. La sensibilisation et la formation doivent se poursuivre dans les hôpitaux, les centres de référence et les centres de santé communautaire."

TENE, AIME, et BANKORO n'oublieront pas ce qui s'est passé. Ils se tiennent prêts à intervenir de nouveau. "Tant que l'épidémie sévira dans d'autres pays, nous ne baisserons pas les bras, nous devons rester éveillés pour que le pire ne se reproduise pas. Ebola est l'affaire de tous, Ebola est l'affaire de la communauté."

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