Agomé-Glozou – Le Togo renforce son dispositif de préparation aux catastrophes et urgences de santé publique. Du 15 au 18 juin 2026, le pays, à travers la plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes, a organisé un exercice de simulation grandeur nature à Agomé-Glozou, un village frontalier, séparé par le fleuve Mono entre le Togo et le Bénin.
L’événement a bénéficié d'une forte mobilisation des partenaires techniques et financiers, notamment l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Cet exercice de simulation, baptisé « Mia Dzrado », qui veut dire en langue Ewé « Préparons-nous », a mobilisé dix clusters intervenant régulièrement dans la gestion des urgences : Système d’alerte précoce (SAP), secours-sauvetage, sécurité, santé, eau, hygiène et assainissement, assistance, logistique, opérations, communication et transmission ainsi que l’administration et les finances. Organisé tous les trois ans, l’exercice qui est à sa troisième édition a permis au pays d'évaluer ses capacités de préparation et de réponse face à tous types de risques.
Les dix clusters ont testé leurs capacités à travers les scénarii : inondations, chavirement de pirogue, maladies épidémiques : choléra et Ebola, intoxications alimentaires, déplacement de la population, accidents de circulation, déversements des produits chimiques dans un étang, accident impliquant un produit chimique suivi de vol de source radio active (NRBC) et incendie.
La Coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies au Togo, Coumba Sow a souligné que « la prévention est efficace lorsqu’elle est préparée, coordonnée et portée par tous ». « Se préparer, c’est protéger. Agir ensemble, c’est sauver la vie », a-t-elle ajouté.
Dans une approche « Une seule Santé », le Togo a évalué ses capacités à répondre à tout risque.
Les acteurs du district sanitaire du Bas-Mono étaient en première ligne pour mener les différents scénarii, appuyés par l’équipe régionale, sous la supervision du Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP) et de l'OMS.
« Cet exercice de simulation nous a permis de renforcer la résilience du système de santé face aux éventuelles épidémies », a confié le point focal de la promotion de la santé du Bas-mono, Monsieur ATIAKPO K. Mawussi.
Grâce à cet exercice de simulation, les populations du Bas-Mono ont bénéficié de consultations médicales et opérations chirurgicales foraines gratuites. Cette opération a permis de réaliser 690 interventions chirurgicales et de prendre en charge 378 cas de maladies non transmissibles notamment l’hypertension artérielle et le diabète, la réhabilitation du centre de santé d’Agomé-Glozou, l'établissement de 100 cartes nationales d’identité, l’aménagement de 20 km de pistes rurales, le reboisement avec 3 000 plants et la sensibilisation d’environ 90 000 personnes aux divers risques, incluant la prévention des abus, de l’exploitation et du harcèlement sexuels.
Kodjo Akakpo, 43 ans, souffrait de l’hypertension. « Je prenais des tisanes et des herbes pour traiter ma tension. Cette consultation foraine m’a fait bénéficier de beaucoup de conseils », témoigne le père de famille. « Je changerai mon habitude alimentaire. »
L'OMS a l’instar d’autres partenaires a soutenu cette initiative, en apportant un appui technique et financier pour les activités du cluster Santé. Le Dr CONDÉ Siaka, coordinateur des urgences sanitaire de l’OMS réitère que « les leçons apprises de la gestion des urgences, montrent que la préparation coûte moins chère que la réponse. Fort de cette leçon, l’OMS se positionne comme un acteur stratégique d’appui à la préparation du Togo aux situations d’urgence y compris les catastrophes naturelles ».
Les populations d’Agomé-Glozou et de ses environs ont été directement bénéficiaires de toutes les actions entreprises par le gouvernement et ses partenaires dans le cadre de l’exercice de simulation visant à préparer le pays à tout type de risque.



