Dans l’est du Tchad, les conséquences du conflit au Soudan voisin continuent de se faire sentir chaque jour. Des centaines de milliers de personnes ont trouvé refuge dans cette région, mettant sous pression les services sociaux et les structures de santé locales. À Adré, où se concentre une grande partie des arrivées, les besoins restent considérables, tandis que les communautés hôtes continuent de faire preuve d’une solidarité remarquable.
C’est dans ce contexte que le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Mohamed Yakub Janabi, s’est rendu au Tchad dans le cadre de sa première visite officielle dans le pays, du 7 au 11 juin 2026. Au cours de sa mission, il a rencontré les autorités nationales, les partenaires de développement, les acteurs du secteur de la santé et d’autres secteurs contribuant à la santé afin d’échanger sur les principales priorités sanitaires du pays. Son déplacement l’a également conduit à Adré, où il a pu rencontrer des réfugiés et les équipes mobilisées dans la réponse humanitaire, découvrant de près les défis auxquels ils sont confrontés, mais aussi leur remarquable résilience.
Au contact des réfugiés, derrière les statistiques, ce sont avant tout des histoires de vie qui émergent. Parmi les témoignages recueillis figuraient ceux d’une jeune fille de 16 ans arrivée à Adré avec sa mère après avoir fui la violence, ainsi que celui d’une autre mère tentant de protéger et de faire vivre ses enfants malgré des conditions particulièrement difficiles.
« Ces rencontres nous rappellent que derrière chaque statistique se trouvent des personnes, des familles et des enfants dont la vie a été bouleversée par la crise », a déclaré le Dr Janabi. « J’ai été profondément touché par la dignité, le courage et la résilience dont font preuve les réfugiés malgré les épreuves qu’ils traversent. »
Les besoins en santé restent considérables. Les structures de santé de l’est du pays doivent répondre à une demande croissante de soins, tout en faisant face à des ressources limitées. Les femmes et les enfants figurent parmi les plus vulnérables, avec des besoins urgents en matière de santé maternelle et infantile, de prévention des violences basées sur le genre, de nutrition, de vaccination, de santé mentale et de soutien psychosocial.
Pour la Représentante de l’OMS au Tchad, la Dre Anya Blanche, la réponse à cette situation nécessite un engagement constant. « Le Tchad continue de démontrer une solidarité exemplaire envers les populations ayant fui le conflit. Toutefois, les besoins restent considérables et nécessitent un soutien durable afin de préserver l’accès aux services de santé essentiels pour les réfugiés comme pour les communautés hôtes », a-t-elle souligné.
Sur le terrain, l’OMS appuie les autorités et les partenaires dans plusieurs domaines essentiels, notamment l’offre des services essentiels de santé à travers les cliniques mobiles et structures de santé, la fourniture en médicaments et équipements médicaux, la prise en charge médicale des violences basées sur le genre et le soutien psychosocial, le traitement des complications de la malnutrition, la surveillance des maladies y compris le système d’alerte précoce (EWARS), la préparation et la réponse aux urgences sanitaires.
« Nous accompagnons des femmes et des jeunes filles qui ont vécu des expériences extrêmement difficiles, notamment des violences et des déplacements forcés. L’accès à un soutien psychosocial et à des services adaptés est essentiel pour les aider à se reconstruire », explique Bebbata Pagaye, consultante sur les violences basées sur le genre au Bureau de l’OMS Tchad, basée à Adré. « Malgré les épreuves traversées, nous observons leur courage et leur capacité à aller de l’avant. »
Pour les équipes déployées dans l’est du Tchad, cet appui est essentiel pour maintenir les services dans un contexte marqué par des besoins croissants. « Chaque jour, nos équipes travaillent aux côtés des communautés pour garantir l’accès aux soins et répondre aux besoins les plus urgents. Malgré les défis, nous constatons une formidable résilience des populations et un engagement remarquable des personnels de santé », explique le Dr Oumar Gollom, personnel de l’OMS Tchad, basé à Adré.
Au-delà des besoins humanitaires, la crise met également en lumière la résilience des communautés hôtes. Malgré la pression exercée sur les ressources disponibles et sur les services sociaux, elles continuent d’accueillir et de soutenir les personnes ayant fui le conflit. Cette solidarité joue un rôle essentiel dans la stabilité de la région et dans la continuité de la réponse humanitaire.
L’OMS poursuit son soutien à travers le renforcement des capacités des personnels de santé et la coordination avec les partenaires humanitaires. Ces efforts visent à garantir un accès continu à des services de santé de qualité pour les réfugiés comme pour les populations locales.
Pour le Dr Janabi, les témoignages recueillis à Adré rappellent l’importance de maintenir l’attention de la communauté internationale sur cette crise. « La résilience que nous avons observée ici est remarquable », a-t-il déclaré. « Mais la résilience seule ne suffit pas. Nous devons continuer à investir dans la santé, la protection et la dignité des populations touchées, tout en œuvrant pour la paix, qui demeure le meilleur remède à la souffrance causée par les conflits. »