Neuf pays africains conviennent de s’engager sur la voie des achats groupés afin d’élargir leur accès aux vaccins d’importance vitale disponibles

Brazzaville, 6 novembre 2019 – Neuf pays à revenu intermédiaire d’Afrique ont décidé d’œuvrer de concert à la mise en place de mécanismes d’achats groupés, avec comme point de départ un échange d’informations cruciales sur leurs pratiques respectives en matière d’achat de vaccins, et particulièrement sur les prix que les pays paient pour se procurer des vaccins et sur les fournisseurs de ces pays. Grâce à l’échange d’informations et, en fin de compte, à la mise en commun de leurs commandes, les neuf pays concernés pourront mieux exploiter leur pouvoir d’achat individuel, renforçant par là leur sécurité vaccinale, et ils pourront élargir leur accès aux vaccins qui sauvent des vies, en se procurant de tels vaccins à un prix abordable.

Le 1er novembre dernier, à l’issue d’un atelier de trois jours organisé à Mbabane (Royaume d’Eswatini) par le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, les pays ont pris l’engagement de rationaliser leurs processus nationaux et transfrontaliers d’achat de vaccins, le principe étant de faire en sorte que des vaccins sûrs et d’un prix abordable soient disponibles dans les pays à revenu intermédiaire, où l’on observe une diminution de la couverture vaccinale.

L’atelier était organisé à l’intention des pays qui, du fait de leur statut de pays à revenu intermédiaire, ne peuvent pas bénéficier du financement de Gavi, l’Alliance du vaccin (il s’agit de l’Algérie, du Botswana, de Cabo Verde, d’Eswatini, du Gabon, de Maurice, de la Namibie, de Sao Tomé-et-Principe et des Seychelles). L’atelier a réuni des fonctionnaires des ministères de la santé et des finances, des responsables des achats, des chargés de la vaccination et des membres des autorités nationales de réglementation des médicaments et des vaccins.

Malgré les progrès réalisés dans la réduction de la morbidité et de la mortalité liées aux maladies à prévention vaccinale, près de 8,5 millions d’enfants vivant dans la Région africaine de l’OMS ne reçoivent toujours pas tous les vaccins élémentaires dont ils ont besoin. Certes, de nombreux pays à revenu intermédiaire de la Région ont amorcé la transition vers le financement national de leurs programmes de vaccination jadis financés par des donateurs, mais l’accès aux vaccins reste difficile à cause de ressources financières limitées dans ces pays, auxquelles s’ajoutent d’autres obstacles à un approvisionnement en vaccins diligent et à un prix abordable.

Il est primordial d’adopter des approches plus stratégiques de l’achat de vaccins en vue d’élargir l’accès des pays à revenu intermédiaire de la Région africaine aux vaccins, à un prix abordable.

Les neuf pays concernés ont convenu des activités qu’ils doivent mener en commun pour instituer un processus d’achats groupés à l’avenir. On peut notamment citer la coordination d’études de marché conjointes, l’échange d’informations sur les fournisseurs de vaccins et le suivi des prix des vaccins. En coordonnant l’achat des vaccins grâce à de telles informations, les neuf pays auront à la fois une plus grande stabilité dans leur approvisionnement en vaccins et un pouvoir de négociation accru grâce auquel ils pourront obtenir des prix plus bas.

Cinq pays, précisément ceux qui font partie de l’organisation régionale des petits États insulaires en développement, ont déjà constitué un bloc d’achat unique, présenté lors de l’atelier comme un modèle novateur eu égard à sa capacité à tirer parti d’une meilleure position de négociation et à obtenir ainsi des prix réduits. La mutualisation de la demande peut s’avérer particulièrement bénéfique pour les pays dotés d’une faible population, qui se mettent ensemble pour passer leurs commandes et, partant, améliorer leurs conditions de négociation avec les fournisseurs.

Les achats groupés contribuent aussi au renforcement des compétences spécialisées existantes pour l’achat de vaccins au niveau national et concourent à une stabilité continue de l’approvisionnement en vaccins.

Les représentants des pays ont convenu de travailler sur différents modèles d’achats groupés, et se sont engagés à échanger les informations disponibles, certains acceptant même d’œuvrer pour une négociation conjointe des prix.

« Les achats groupés de vaccins sont une étape fondamentale vers l’élargissement de la couverture vaccinale dans ces pays et par extension dans la Région africaine », a indiqué la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Nous devons œuvrer de concert pour améliorer la distribution des vaccins, de manière à ce que tous les enfants soient protégés contre les maladies évitables. Je suis encouragée de voir une coopération aussi étroite entre les pays, mue par l’ambition de faire de la couverture vaccinale universelle une réalité concrète », a-t-elle ajouté.

L’atelier se tenait dans le droit fil de la réunion consultative organisée en avril 2018 par le Bureau régional de l’Afrique, au cours de laquelle 17 pays de la Région africaine, classés dans la catégorie des pays à revenu faible ou dans celle des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, ont lancé un appel à l’amélioration des compétences et connaissances dans le domaine des achats, à l’harmonisation des processus de choix et d’enregistrement des produits et à l’utilisation d’options d’achats groupés pour accroître la sécurité vaccinale.

Le dernier jour de l’atelier, les neuf pays ont défini les prochaines étapes à suivre dans des domaines tels que le plaidoyer, la prise de décision, la réglementation et l’échange d’informations. Ces étapes s’articulent ainsi qu’il suit :

  1. créer une plateforme communautaire en ligne dédiée à l’échange d’informations ;
  2. établir ou tirer parti des opportunités à venir pour partager régulièrement des informations et échanger sur les informations concernant les marchés, sur les discussions et les décisions des groupes consultatifs techniques nationaux pour la vaccination, tout comme sur les informations en lien avec l’homologation des produits ;
  3. utiliser les plateformes que l’Union africaine, les communautés économiques régionales et le Groupe parlementaire panafricain sur la vaccination offrent pour militer en faveur d’un engagement politique de haut niveau qui permettra de mieux faire connaître la vaccination ;
  4. par l’intermédiaire du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, s’engager à collaborer avec le Forum africain pour la réglementation des vaccins et avec l’Initiative en faveur de l’harmonisation de la réglementation des médicaments en Afrique pour assurer l’inclusion dans cet effort, en commençant par des dispositifs simples tels que les seringues autobloquantes.
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