Cancer du col de l'utérus : une meilleure accessibilité améliore le dépistage à Madagascar

Cancer du col de l'utérus : une meilleure accessibilité améliore le dépistage à Madagascar

Antananarivo, 4 février 2019 - Elle attendait avec impatience sa visite médicale à la clinique. Une minute à peine après avoir été examinée, Gisèle* a reçu le résultat de son test de dépistage du cancer du col de l'utérus. Jusqu'à 8000 femmes sont testées chaque année, principalement à travers un programme de dépistage communautaire à Madagascar, où le cancer du col de l'utérus est le type de cancer le plus mortel chez les femmes.

Une brève séance de conseil a eu lieu avant le test de Gisèle au centre de santé d'Ambalavato dans le district d'Antsirabe 1, à quelque 170 km au sud de la capitale Antananarivo. La mère de quatre enfants a dit qu'elle avait ressenti quelque chose d'inhabituel, mais une précédente consultation ailleurs n’avait rien montré. Elle a donc souhaité passer un autre examen. La sage-femme Ioby Ranarison, responsable du test de dépistage du cancer du col de l'utérus à Ambalavato, a déclaré que la plupart des femmes qui se présentent pour le test sont soit envoyées par un médecin, ou viennent en raison d'antécédents familiaux de cancer du col de l'utérus.

Le dépistage – ou l'Inspection Visuelle à l'Acide Acétique (IVA) - est une méthode simple et peu coûteuse qui peut être proposée dans les zones à faibles revenus. Il ne nécessite pas d'investissements techniques lourds tel qu'un laboratoire ou des analyses complexes. Le dépistage consiste en une vérification visuelle de l'aspect anormal des tissus lors de l'application d'une solution d'acide acétique sur le col de l'utérus. Les résultats du test sont immédiats et fiables. Un diagnostic précoce et un traitement efficace peuvent réduire la mortalité causée par le cancer du col de l'utérus, dont l'Afrique porte le fardeau le plus lourd au niveau mondial.

« Je suis heureuse de connaître mon état de santé. J'étais tellement inquiète car je ne savais pas ce qui m'arrivait, et maintenant je me sens comme si un fardeau m'avait été enlevé », a déclaré Gisèle.

Pour encourager plus de femmes à se faire diagnostiquer, les autorités sanitaires de Madagascar organisent périodiquement des campagnes de dépistage de masse. Dans de telles occasions, a déclaré Mme Ranarison, jusqu'à 40 femmes peuvent passer le test en une journée à la clinique. Bien que la participation ne soit pas énorme, elle a souligné que « nous sommes très satisfaits qu'elles veuillent connaître leur état de santé. »

Etendre l’offre

En 2007, Madagascar a introduit un programme communautaire de dépistage du cancer du col de l'utérus. Cependant, à ce jour, seuls 140 des 2500 centres de santé du pays proposent le dépistage dans 12 des 114 districts. La consultation coûte 25 centimes US. L'Organisation mondiale de la Santé et quelques agences partenaires soutiennent le dépistage communautaire du cancer du col de l'utérus du ministère de la Santé. La mise en place du programme de dépistage coûte entre 10 000 et 15 000 dollars US par district, et le coût comprend l'équipement de base, le matériel et la formation du personnel de santé.

Un test de dépistage visuel positif ne signifie pas nécessairement qu’une personne a le cancer du col de l'utérus, mais montre des signes précancéreux qui peuvent être traités selon l'état d'avancement.

Baptistine*, l'une des premières femmes à se faire dépister lors du lancement du programme, a raconté qu'elle avait la peur au ventre lorsqu'elle s'est présentée pour le dépistage. « Connaître son état de santé est rassurant », a déclaré Baptistine. Elle a passé un deuxième test deux ans plus tard, et a dit qu'elle avait encouragé sa sœur à faire de même.

L'un des principaux obstacles à l'expansion du dépistage communautaire est le financement insuffisant. Dr Lovatianaharisoa Fetinjanahary, qui dirige le Programme de dépistage du cancer du col de l'utérus au ministère de la Santé, a déclaré que l'éducation du public n'était menée que lors des formations des agents de santé ou des campagnes de dépistage en raison du nombre limité de centres de santé offrant ce service. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour augmenter le nombre de femmes testées pour le cancer du col de l'utérus. Actuellement, seulement 4 % des femmes ciblées dans les districts sélectionnés sont testées. L'objectif national est de dépister 25 % des femmes âgées de 25 à 49 ans.

* Pseudonyme utilisé pour préserver l'anonymat

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Bakano Otto

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