430 jours et 1000 victoires remportées dans la lutte contre Ebola en République Démocratique du Congo

Déclaration de Dr Matshidiso Moeti

Aujourd’hui, dans le contexte de nos efforts sans relâche pour éradiquer cette dixième épidémie de la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo (RDC), nous célébrons une lueur d’espoir qui constitue en fait un millier de points lumineux - chaque survivant à une infection à virus Ebola. 

Il y a soixante-cinq jours, nous célébrions le premier anniversaire du début de la lutte contre la dixième épidémie de la fièvre Ebola dans le pays, maladie qui s’est déclenchée dans la province du Nord-est du Nord-Kivu. Cette épidémie arrive au second rang parmi les pires expériences en matière de lutte contre Ebola au cours des dernières années. Malheureusement, nous continuons à compter les jours, les cas et, hélas, les morts dans cette bataille. Des 1555 patients internés dans les centres de traitement d’Ebola, 1000 malades, soit à peu près les deux tiers, ont survécu à cette épidémie. 

L’histoire de chacun de ces 1000 survivants vaut la peine d’être comptée. Chacun d’entre eux nous a permis de comprendre le virus, ainsi que les meilleures pratiques pour amener les services à administrer des soins axés sur les populations, ainsi que les voie et moyens de nous améliorer. J’ai rencontré certains d’entre eux avec lesquels j’ai même dansé de joie pour leur retour à domicile, débarrassés du virus.

Pendant que nous déployons des efforts pour ne pas enregistrer de cas après ces 14 mois de lutte contre cette épidémie, il y a quelque chose de particulier au sujet des 1 000 patients ayant survécu au virus d’Ebola. C’est comme si tous ces zéros du chiffre étaient en quelque sorte un signe que la balance penchait en notre faveur. 

Cela ne veut pas dire qu'en célébrant ces 1000 points lumineux, nous perdons de vue tous les hommes, les femmes, les filles et les garçons décédés, et dont le nombre s’élève aujourd’hui à 2137, parmi lesquels 65 professionnels de la santé.  

Nous savons qu’Ebola est une maladie particulièrement meurtrière. À une certaine époque, recevoir un diagnostic d'Ebola équivalait à une condamnation à mort. Cependant, grâce aux investissements engagés dans de meilleurs soins infirmiers et à une plus grande disponibilité des services d'hydratation, notre capacité pour traiter les malades s'est améliorée. Grâce à des innovations en matière de recherche et de développement, nous recourons actuellement à deux médicaments qui ont fait la preuve de leur efficacité dans le traitement des patients et qui contribuent à renforcer les taux de survie. En Afrique de l'Ouest, l'épidémie d'Ebola survenue en 2014-2016 a causé la mort d'environ 50 % des personnes qui sollicitaient des soins dans les établissements de santé. En République démocratique du Congo, ce taux s’élève maintenant à 34%.

Nous avons aussi beaucoup appris en ce qui concerne la survie à Ebola. Ces connaissances nous permettent de prévenir davantage de décès ainsi que de nouveaux cas. Nous savons que le fait de se soumettre au traitement le plus rapidement possible entraîne une différence énorme en matière de taux de survie. Sur la base de l’actuelle épidémie, nous avons constaté que, une fois qu’une personne présente les symptômes de la maladie, elle prend en moyenne entre quatre et cinq jours pour atteindre un centre de santé. Si les populations sollicitent des soins dans des établissements sanitaires beaucoup plus tôt, davantage de vies seront sauvées.

Une fois que les survivants sont sortis des centres de traitement, notre travail auprès d’eux ne s’arrête pas. Depuis l’épidémie survenue en Afrique de l’Ouest, nous avons mis au point un programme à l’intention des survivants afin de pouvoir suivre les soins de santé et le bien-être de chacun d’eux. À mesure que nos connaissances des séquelles à long terme d'Ebola deviennent plus précises, nous élargirons la portée de ce programme afin de répondre aux besoins de santé de chaque survivant. 

La lutte contre Ebola se poursuit, et cette maladie sera vaincue, bien qu’il nous reste beaucoup à apprendre et beaucoup à faire. Chaque cas que nous dépistons et soignons à temps, empêche la survenue d'autres potentiels cas et nous rapproche davantage de l’éradication de l'épidémie.

Notre tâche est claire. Nous devons redoubler d'efforts pour créer un climat de confiance et diffuser davantage le message suivant: il est possible de survivre à Ebola et nous nous y attelons. 

Dans l'espoir que davantage de personnes entendent ce message, nous consacrons cette journée à la célébration, le plus bruyamment possible, forts des milliers de mains qui applaudissent, des 1000 victoires remportées à ce jour, et des victoires à venir.

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