Journée mondiale contre le cancer 2026

Message du DMohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique 

Le cancer n’est plus une crise silencieuse en Afrique. Il s’agit d’une urgence de santé publique croissante qui exige une action urgente, équitable et durable.

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’Organisation mondiale de la Santé se joint aujourd’hui aux gouvernements, aux partenaires et aux communautés du continent pour réaffirmer un engagement clair : le cancer peut être évité, détecté plus tôt et traité plus efficacement – et chaque vie sauvée compte.

Dans la Région africaine de l’OMS, le cancer devient l’une des principales causes de décès prématuré. Chaque année, plus d’un million de nouveaux cas sont diagnostiqués et près d’un million de personnes décèdent des suites de la maladie. Derrière ces chiffres se cachent des mères, des pères, des enfants et des jeunes dont la vie est écourtée, non pas parce qu’il n’existe pas de solutions, mais parce que l’accès à ces solutions reste inégal.

Le cancer n’est pas seulement un problème de santé, c’est aussi un défi pour le développement. Il met à rude épreuve les familles, affaiblit les systèmes de santé et sape les progrès économiques. La charge pèse de manière disproportionnée sur ceux qui ont le moins accès à un dépistage précoce, à un traitement en temps utile et à la sécurité financière.

Au cours de l’année écoulée, les résultats obtenus ont démontré ce qu’il est possible d’accomplir lorsque la lutte contre le cancer devient une priorité nationale. Les pays de la Région ont étendu la vaccination contre le papillomavirus humain, renforcé les services de dépistage du cancer du col de l’utérus, amélioré l’accès aux soins du cancer de l’enfant et commencé à intégrer les soins palliatifs dans les services de santé courants. Il s’agit là de bases importantes pour améliorer la survie à long terme.

Pourtant, des lacunes majeures persistent. Les retards de diagnostic restent fréquents. Les interruptions de service compromettent la continuité des soins. Les agents de santé spécialisés sont en nombre insuffisant. L’accès à la radiothérapie, aux services de pathologie et aux médicaments essentiels contre le cancer reste extrêmement limité dans de nombreux cas. Pour trop de familles, le coût des soins est prohibitif.

Trop souvent, une femme est dépistée mais n’est jamais prise en charge.

Trop souvent, un enfant est diagnostiqué trop tard.

Trop souvent, les familles doivent choisir entre se faire soigner et subvenir à leurs besoins essentiels.

Cette situation est inacceptable.

L’OMS continuera à soutenir les pays africains par le biais d’initiatives mondiales et régionales fondées sur des données probantes, notamment la Stratégie mondiale pour l’élimination du cancer du col de l’utérus, l’Initiative mondiale contre le cancer du sein, l’Initiative mondiale contre le cancer de l’enfant, la Plateforme mondiale pour l’accès aux médicaments contre le cancer de l’enfant et les Services intégrés de lutte contre le cancer chez les femmes.

Cependant, ces initiatives ne porteront leurs fruits que si elles sont pleinement intégrées dans les systèmes de santé nationaux, financées de manière durable et traduites en services concrets au niveau des soins de santé primaires.

Nous devons investir dans ce qui fonctionne : la vaccination contre le papillomavirus humain ; les tests de dépistage performants ; le traitement décentralisé des lésions précancéreuses ; le renforcement des capacités en matière de chirurgie, de radiothérapie et de pathologie ; un accès fiable aux médicaments essentiels contre le cancer ; et l’intégration des soins palliatifs dès le diagnostic.

Nous devons mesurer les progrès non pas à l’aune des stratégies écrites, mais à celle du nombre de filles vaccinées, de cancers détectés précocement, de patients traités en temps voulu, de difficultés financières réduites et de vies sauvées.

En cette Journée mondiale contre le cancer, j’appelle à une action décisive à tous les niveaux.

  • Les gouvernements doivent faire de la lutte contre le cancer une priorité de développement, en intégrant la prévention, la détection précoce, le traitement et les soins palliatifs dans les budgets nationaux, dans les réformes de la couverture sanitaire universelle et dans les systèmes de soins de santé primaires.

  • Les partenaires et les donateurs doivent investir dans des programmes durables, intégrés et à fort impact.

  • Les agents de santé doivent continuer à faire preuve de compétence et de compassion, en rapprochant les services des communautés et en renforçant la confiance dans les soins.

  • Les personnes vivant avec le cancer et les survivants doivent rester au cœur des interventions nationales, non seulement en tant que bénéficiaires des soins, mais aussi en tant que défenseurs et partenaires du changement.

L’Afrique peut changer la donne en matière de cancer. Cela passera toutefois par une volonté politique soutenue, des investissements nationaux plus importants, des systèmes de santé résilients et un engagement inébranlable en faveur de l’équité et de la responsabilisation.

Passons des engagements à des résultats mesurables, des stratégies aux services, et veillons à ce que personne en Afrique ne soit laissé pour compte dans la lutte contre le cancer.

Ensemble, nous pouvons assurer un avenir où chaque personne aura accès à la prévention, au diagnostic précoce, à un traitement de qualité et à des soins dignes..


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