Assurer l’avenir du secteur de la santé en Afrique : la voie à suivre d’ici à 2027 et au-delà
Ce dernier chapitre du rapport du Directeur régional se veut résolument tourné vers l’avenir. Il résume les réalisations de la période couverte par le précédent rapport jusqu’au 30 juin 2026 et dresse le bilan des objectifs qui restent à atteindre ; analyse les facteurs politiques, économiques, sociaux, environnementaux et technologiques qui influenceront les cinq prochaines années ; présente la vision de la Région en matière de santé publique et les changements politiques qu’elle nécessite ; décrit le programme du Directeur régional, structuré sur trois horizons temporels, à savoir 2027, 2030 et 2035 ; et se termine par un appel adressé aux États Membres et aux partenaires, en vue d’une prise de décision. L’argument avancé est simple : la Région africaine n’attend plus un ordre sanitaire mondial élaboré ailleurs. Elle contribue à en façonner un qui lui soit propre, qui soit financé et dirigé au sein même de l’Afrique, et les choix que feront les ministres et les partenaires détermineront dans quelle mesure et à quel rythme cet avenir se concrétisera (1–2).
01Le chemin parcouru – et les lacunes qui mettent encore des vies en péril
La période considérée dans ce rapport a été l’une des plus exigeantes de l’histoire récente de la Région, mais aussi l’une des plus productives. Avec l’appui du Secrétariat, les États Membres ont assuré le maintien des services essentiels malgré la contraction la plus marquée du financement de la santé depuis des décennies, ont maîtrisé plusieurs flambées épidémiques et ont enregistré le plus grand nombre d’étapes vérifiées en matière d’élimination des maladies depuis une génération, tandis que le Bureau régional s’est restructuré pour se rapprocher encore plus des populations desservies. Le compte rendu détaillé est présenté dans les chapitres précédents ; cette section en résume l’essentiel et met en lumière les lacunes qui constituent encore des facteurs décisifs pour la survie d’une mère ou d’un enfant.
Le schéma qui sous-tend les résultats importe tout autant que les résultats eux-mêmes. Là où les services partageaient une plateforme unique de soins de santé primaires et où les ressources limitées étaient ciblées district par district sur la base des données de routine, la couverture a été maintenue. À l’inverse, là où les programmes étaient cloisonnés, ils se sont révélés les plus vulnérables à ces chocs. Les réalisations ne constituent donc pas une série de succès isolés, mais elles sont le reflet d’un système qui commence à réagir de manière appropriée. De même, les défis persistants se résument à un petit nombre de thèmes transversaux plutôt qu’à un catalogue de lacunes dans les programmes : un déficit de financement qui se creuse plus vite que ne peut le combler la substitution par le financement intérieur ; une couverture qui plafonne là où les inégalités sont les plus marquées ; des fondements systémiques – ressources humaines, données, chaînes d’approvisionnement – qui restent trop fragiles pour absorber les chocs ; et la difficulté récurrente de traduire l’engagement politique en résultats financés et concrets. Une synthèse des principales réalisations et des défis persistants, organisée par thème afin que le lecteur puisse avoir une vision de l’ensemble de la situation plutôt que des différents éléments qui la composent pris isolément, est présentée en annexe (Tableau A1).
Le message adressé aux ministres et aux partenaires est triple. Premièrement, la Région a obtenu des résultats dans des conditions qui, il y a dix ans, auraient fait reculer les progrès – preuve que les réformes engagées ces dernières années font évoluer la capacité de résistance du système. Deuxièmement, si les avancées sont réelles, leur pérennité n’est pas encore pour autant assurée : elles reposent sur des financements qui n’ont pas été remplacés par d’autres sources, sur des plateformes qui doivent être protégées et sur des engagements qui doivent désormais être financés. Le travail à mener pendant la période visée par ce chapitre consistera à consolider ces acquis. Troisièmement, les États Membres devraient faire preuve de détermination et veiller à ce que ces engagements soient durables et se traduisent par des interventions concrètes.
02Les facteurs qui influenceront les cinq prochaines années – et leurs implications pour la santé
Pour mieux appréhender les perspectives d’ici 2027 et au-delà, il convient d’analyser les facteurs sociaux, technologiques, économiques, environnementaux et politiques qui agissent sur la santé depuis l’extérieur de ce secteur. Le chapitre 1 a établi la base de référence pour la période visée par le présent rapport ; cette section poursuit cette analyse et décrit, pour chaque dimension, la manière dont ces facteurs influencent la santé publique (3).
Facteurs politiques. La souveraineté devient la règle fondamentale de la santé mondiale. Le changement politique marquant de cette période est la consolidation d’une doctrine de souveraineté sanitaire de l’Afrique. Le Sommet sur la souveraineté sanitaire de l’Afrique à Accra (août 2025) et ses conclusions, présentées sous le nom de « Accra Reset » (réinitialisation d’Accra) lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, ont fait évoluer la contribution de la Région, passant de la négociation technique à l’élaboration de normes politiques : l’appropriation par les pays, le financement intérieur et le partenariat équitable ne relèvent plus de l’ordre de l’aspiration, mais constituent désormais des conditions explicitement énoncées (4). Elles s’appuient sur le Nouvel ordre de santé publique en Afrique (Union africaine et CDCAfrique, 2022) et sont portées par le Comité ministériel africain de haut niveau sur la réforme de l’architecture mondiale de la santé, qui réunit les ministres des Finances dans un mécanisme permanent (5). Les implications pour la santé publique sont structurelles : le financement de la santé, les partenariats et la gouvernance dans la Région seront de plus en plus définis par les institutions et instruments africains, et le soutien extérieur sera évalué à l’aune de sa cohérence avec les plans élaborés au niveau national. La souveraineté n’est plus un slogan ; c’est le cadre dans lequel les ministres négocient désormais.
Facteurs économiques. Si la croissance est là, le secteur de la santé doit faire valoir la part qui lui revient. D’après les projections, les économies africaines devraient afficher une croissance de l’ordre de 4,2 % en 2026 et de 4,4 % en 2027, portée par le fait que 12 des 20 économies les plus dynamiques du monde se trouvent sur le continent et que plusieurs États Membres – dont l’Éthiopie, le Rwanda et l’Ouganda – connaissant une croissance supérieure ou égale à 6 % (6). Une croissance de cette ampleur élargit la marge de manœuvre budgétaire qui pourrait financer des systèmes de santé résilients, mais seulement si le secteur de la santé s’en prévaut. Plus de vingt ans après que les gouvernements ont pris l’engagement, dans la Déclaration d’Abuja, d’allouer au moins 15 % des budgets nationaux à la santé, cet objectif est toujours loin d’être atteint, et les dépenses publiques de santé dans la Région en représentent en moyenne environ la moitié (7). Dès lors, il apparaît nécessaire d’instaurer un mécanisme de financement intérieur clair pour mettre la croissance au service de la sanctuarisation des budgets de la santé – par le biais de taxes en faveur de la santé, de prélèvements de solidarité et d’une réforme de l’assurance-maladie – et de considérer les dépenses de santé non pas comme des coûts récurrents, mais comme un investissement qui protège la productivité dont dépend la croissance (1).
Facteurs sociaux. Une Afrique plus jeune et plus déterminée à se faire entendre revendique le droit à la santé. La population de la Région, plus de 1,2 milliard de personnes dans 47 États Membres, compte parmi les plus jeunes du monde, avec environ 60 % de personnes âgées de moins de 25 ans ; il s’agit d’une génération soucieuse des droits qui demande de plus en plus aux gouvernements de rendre compte des services dont elle bénéficie (8). Dans le même temps, les déplacements forcés ont atteint des niveaux records au cours de la période considérée – 12,7 millions de personnes se sont retrouvées déplacées ou apatrides rien qu’en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, un chiffre en hausse de 48 % depuis 2020, et les femmes et les enfants représentent environ 80 % des populations touchées (9). L’enseignement à en tirer est double : on observe, d’une part, un dividende démographique qui fait du secteur de la santé l’un des moteurs les plus crédibles du continent en matière d’emploi décent et, d’autre part, des pressions croissantes en matière de demande, d’équité et de responsabilisation que les systèmes de santé doivent gérer sous peine de perdre la confiance du public.
03L’Afrique, un continent pleinement acteur, et non simple bénéficiaire, de la santé mondiale
La vision de la Région en matière de santé publique pour 2027 et au-delà peut être énoncée en une seule phrase que les ministres sont invités à reprendre à leur compte : une Région africaine qui assure le financement, la gouvernance et la mise en œuvre de son propre système de santé – où les soins sont abordables, fiables et protégés pendant les chocs, et où la santé est considérée comme un investissement fondamental pour la stabilité, la productivité et la souveraineté (1). Cette vision s’inscrit dans le droit-fil du quatorzième programme général de travail de l’OMS, 2025-2028 (quatorzième PGT) et de l’orientation stratégique fixée par le Directeur régional, et elle redéfinit la position de la Région, qui ne se contente plus d’exécuter des décisions extérieures mais participe désormais à l’élaboration conjointe des règles de la santé mondiale (2).
Quatre priorités organisationnelles donnent forme à cette vision : la santé universelle – la promesse de services de santé abordables et de qualité pour tous, fondés sur les soins de santé primaires ; la résilience – la sécurité sanitaire et la continuité de l’ensemble du système, y compris dans les situations d’urgence ; la modernisation – les capacités numériques et institutionnelles et les capacités en matière de données et de ressources humaines qui permettent la mise en œuvre des services ; et l’appropriation et la souveraineté – le financement intérieur, la réglementation et la fabrication de médicaments par l’Afrique, et la gouvernance des données en Afrique qui, ensemble, permettent à la Région de passer d’une situation de dépendance à un rôle de leadership. Ces priorités s’inspirent de la solide structure du projet de stratégie de la Région, intitulé Une nouvelle ère pour la santé en Afrique : une action concertée en faveur de la Vision 2035, qui fait l’objet d’une analyse critique ci-après ; elles remplacent les cadres antérieurs et sont délibérément plus claires que ceux-ci (8).
L’orientation politique qui découle de ces perspectives se traduit par une série de changements volontaires de posture. Le premier changement consiste à passer de l’alignement sur les donateurs à une gestion budgétaire responsable – institutionnaliser les dialogues entre les secteurs de la santé, des finances et de la planification, sanctuariser le financement intérieur et considérer la santé comme une question relevant de la gestion des risques macroéconomiques. La deuxième évolution vise à transformer des projets fragmentés et spécifiques à des maladies en des biens publics régionaux – mutualisation des achats, harmonisation réglementaire, fabrication locale et plateformes numériques communes. Le troisième volet porte sur la transition de la riposte à la résilience de l’ensemble du système, la continuité des services essentiels étant une exigence de conception. L’ultime changement réside dans le passage du statut d’acteur de la mise en œuvre à celui de garant : le Bureau régional est en train de redéfinir son propre rôle, de celui d’organisme technique à celui de garant des aspects financiers et politiques et d’architecte de la souveraineté sanitaire africaine – un rôle d’administrateur technique, de partenaire d’appui à la mise en œuvre, de fédérateur, de pivot pour l’intégration des systèmes et de plateforme de responsabilisation (1-2). Concrètement, cela signifie donner la priorité au travail en amont lié à l’élaboration de normes et de standards ou à la gestion tout en continuant à soutenir la mise en œuvre en aval là où les États Membres en ont le plus besoin – les deux allant de pair, et ne se faisant pas l’un au détriment de l’autre.
L’Afrique contribue déjà à l’élaboration des règles de la santé mondiale. L’affirmation selon laquelle la Région influence la santé mondiale plutôt que d’en être seulement la bénéficiaire n’est pas ambitieuse ; elle est attestée par les instruments adoptés au cours de la période considérée. L’Accord de l’OMS sur les pandémies, adopté en mai 2025 assorti de son système d’accès aux agents pathogènes et partage des avantages, et les amendements de 2024 au Règlement sanitaire international, en vigueur depuis septembre 2025, comportent des dispositions relatives à l’équité que le Groupe africain a négociées et obtenues (12-13). Le principe « Un plan, un budget, un rapport » énoncé dans l’Agenda de Lusaka – une réforme du fonctionnement des Initiatives mondiales pour la santé menée par l’Afrique – a été intégré dans la politique contraignante de l’OMS par le biais d’une résolution sur le financement portée par la Région (5). En outre, la souveraineté en matière de réglementation et de fabrication se construit par le biais de l’Agence africaine du médicament et du Forum africain pour la réglementation des vaccins, et grâce aux premiers investissements significatifs dans la fabrication de vaccins, de médicaments et de produits de diagnostic par l’Afrique (14-15). Ce sont là les moyens par le biais desquels la Région protège les services essentiels, finance sa propre santé et fait face aux chocs à mesure que l’appui extérieur s’amenuise. Ces moyens sont portés par deux institutions complémentaires dont la répartition des tâches est clairement définie : le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, chargé des activités normatives, des orientations techniques, de l’appui aux pays et de la responsabilisation, et le CDC-Afrique, chargé de la coordination politique continentale et des relations avec les chefs d’État et de gouvernement. C’est dans la cohérence de cette relation, plus que dans toute autre
04Le programme défini par le Directeur régional
La concrétisation de la vision repose sur un cadre à moyen terme structuré autour de trois horizons temporels – une phase d’accélération à court terme d’ici 2027, une phase à moyen terme jusqu’en 2030 environ et une phase à plus long terme à l’horizon 2035 – et de sept axes phares de mise en œuvre. Le programme Mettre fin aux maladies en Afrique et le Programme de transformation, qui s’étend sur une décennie, constituent le socle opérationnel qui soutient ces axes (17-19). Le cadre est délibérément différencié : il s’adresse à l’ensemble des 47 États Membres en adaptant la mise en œuvre selon les contextes : qu’il s’agisse des situations de fragilité et de conflits, des nombreux pays confrontés à une double charge de morbidité et de ceux qui progressent déjà vers la couverture universelle – de sorte que le rythme de chaque réforme s’ajuste à la situation de chaque pays.
C’est à travers ces sept axes phares de mise en œuvre que la vision prend concrètement corps : soins de santé primaires et systèmes communautaires centrés sur les districts ; préparation et résilience de l’ensemble du système ; transformation numérique ; personnel et leadership adaptés aux besoins ; modernisation institutionnelle ; fabrication régionale et mutualisation des achats ; et financement et partenariats durables. Chacun d’eux repose sur des résultats déjà communiqués et se projette vers une étape clé mesurable.
À court terme d’ici 2027 : la phase d’accélération – stabilisation et refondation. La période actuelle se caractérise par deux facteurs de stress simultanés : les situations d’urgence sanitaire en cours, d’une part, et un choc structurel de financement, d’autre part. La première tâche consiste à conserver les acquis obtenus de haute lutte tout en redéfinissant le modèle de fonctionnement, à maîtriser les situations d’urgence actives et à convertir les mesures de riposte en capacités durables et transfrontalières de détection et de riposte que les pays prennent en main – en commençant par mettre fin en toute sécurité et définitivement à l’urgence de santé publique liée au virus Ebola Bundibugyo (20). Une autre tâche à court terme consiste à amortir le choc financier en protégeant les services essentiels et en accélérant les mesures de financement intérieur prévues dans l’engagement d’Abuja et l’Agenda de Lusaka, tout en protégeant les acquis en matière de vaccination et de soins de santé primaires après l’arrêt du soutien apporté par Gavi, l’Alliance du vaccin. Là encore, il est nécessaire de pérenniser les capacités de modernisation – l’infrastructure de données régionale, les ressources humaines, les fondements numériques et le socle de gouvernance sur lesquels repose chaque priorité. Il convient également de s’assurer du soutien politique à la vision par le Comité régional et au sein des instances de l’Union africaine, afin de la traduire en pactes nationaux assortis de jalons communs.
05Les engagements attendus des États Membres – et des partenaires
Le rapport se conclut par cet appel Il est précis et s’adresse aux deux groupes d’acteurs dont les décisions garantiront l’avenir sanitaire du continent africain.
Aux États Membres : s’approprier le système de santé, le financer et en assurer la mise en œuvre.
1. Financer la santé à la juste valeur de l’investissement qu’elle représente. Définir une trajectoire nationale explicite pour atteindre la cible d’Abuja prévoyant d’allouer au moins 15 % du budget national à la santé ; sanctuariser le financement intérieur par le biais de taxes en faveur de la santé, de contributions de solidarité et d’une réforme de l’assurance-maladie ; et institutionnaliser le dialogue entre les secteurs de la santé, des finances et de la planification pour garantir que la croissance se traduise par une hausse des budgets de la santé.
2. S’engager en faveur de la souveraineté et de la mise en œuvre. Approuver la vision et la traduire en un pacte national chiffré prévoyant des jalons communs à l’horizon 2030 ; maintenir l’engagement politique et financier en faveur de la réglementation des médicaments en Afrique, de la mutualisation des achats et de la fabrication locale ; et protéger les plateformes de soins de santé primaires, de vaccination, de surveillance et de ressources humaines qui ont sous-tendu les résultats de cette année. Respecter les engagements déjà pris par les États Membres dans les résolutions successives du Comité régional – sur les soins de santé primaires et la couverture sanitaire universelle, la sécurité sanitaire, le financement intérieur et la production locale des produits de santé – et traduire ces résolutions en mesures concrètes.
3. Réformer pour agir. Transformer les engagements politiques – postes de personnel, promesses de reconstitution des ressources, protocoles et instruments juridiques adoptés – en réalité concrète sur le plan financier, en termes de dotation en personnel et sur le volet opérationnel, grâce à une planification conjointe des ministères de la santé, des finances, de l’éducation et du travail.
Aux partenaires, y compris les donateurs : aligner l’appui avec les plans nationaux et en garantir la prévisibilité
06Références du chapitre 7 (20)
- 1. Impouma, B., Abdourahmane, D. and Janabi, M. (2026) Health in Africa: the WHO African Region in the next decade. The Lancet, 407, pp. 1055–1056. Available from: https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S0140-6736%2826%2900183-2
- 2. Impouma, B., Luciani, A., Diallo, A. and Janabi, M. (2026) How African regional agencies can shape global health reform. Think Global Health [Internet], 23 April 2026 [cited 9 July 2026]. Available from: https://www.thinkglobalhealth.org
- 3. World Health Organization Regional Office for Africa (2026) Annual report of the Regional Director to the Seventy-sixth session of the Regional Committee for Africa. Chapter 1: The context – a STEEP analysis of the health landscape. Brazzaville: World Health Organization Regional Office for Africa.
- 4. The Presidency, Republic of Ghana (2025) President Mahama and global leaders launch the Accra Reset at UNGA 2025 [Internet]. Accra : La Présidence. [cité le 9 juillet 2026]. Disponible à l’adresse suivante : https://presidency.gov.gh
- 5. Future of Global Health Initiatives (2023) The Lusaka Agenda: overview [Internet]. Geneva: Future of Global Health Initiatives. [cité le 9 juillet 2026]. Disponible à l’adresse suivante : https://futureofghis.org
- 6. Banque africaine de développement (2026) Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique (MEO) 2026. Abidjan: Banque africaine de développement. https://www.afdb.org/fr/meo
- 7. Abuja Declaration on HIV/AIDS, tuberculosis and other related infectious diseases. Abuja: African Union; 2001 (https://au.int/sites/default/files/ pages/32894-file-2001-abuja-declaration.pdf )
- 7. African Union and Africa Centres for Disease Control and Prevention (2022) Africa’s New Public Health Order. Addis Ababa: Africa Centres for Disease Control and Prevention.
- 8. World Health Organization Regional Office for Africa (2026) A new era of health for Africa: united action for Vision 2035. Draft version 1. Brazzaville: World Health Organization Regional Office for Africa, 12 May 2026.
- 9. United Nations High Commissioner for Refugees (2025) Regional trends: forced displacement in West and Central Africa in 2025 [Internet]. Geneva: United Nations High Commissioner for Refugees. Available from: https://www.unhcr.org/media/west-and-central-africa-regional-trends-for…
- 10. World Meteorological Organization (2025) State of the climate in Africa 2024 [Internet]. Geneva: World Meteorological Organization. Available from: https://wmo.int/sites/default/files/2025-05/Africa_2024final1.pdf
- 12. United Nations Department of Economic and Social Affairs, Population Division; 2024 (https://digitallibrary.un.org/record/4053940?form=MG0AV3&v=pdf). New York: Nations Unies.
- 13. Assemblée mondiale de la santé (2025) Accord de l’OMS sur les pandémies. Résolution WHA78.1. Genève: Organisation mondiale de la Santé, 20 mai 2025. Available from: https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA78/A78_R1-FR.pdf
- 14. World Health Organization, 2024. International Health Regulations (2005), as amended in 2024; entry into force 19 September 2025 [en ligne]. Genève : World Health Organization. Disponible sur : https://apps.who.int/gb/bd/pdf_files/IHR_2014-2022-2024-en.pdf [Consulté le 24 juillet 2026]
- 15. WHO Regional Office for Africa, African Medicines Agency, 2024. Framework agreement for collaboration [en ligne]. Brazzaville: WHO Regional Office for Africa. Disponible sur : https://www.afro.who.int/news/who-and-african-medicines-agency-launch-l…
- 16. Gavi, the Vaccine Alliance. (2024). African Vaccine Manufacturing Accelerator (AVMA). Geneva: Gavi, the Vaccine Alliance
- 17. World Health Organization. Fourteenth General Programme of Work, 2025–2028. Geneva: World Health Organization; 2025. Available from: https://www.who.int/about/general-programme-of-work/fourteenth
- 18. WHO Regional Office for Africa. Ending Disease in Africa (ENDISA). Brazzaville: WHO Regional Office for Africa; 2023. Available from: https://iris.who.int/handle/10665/373549
- 19. WHO Regional Office for Africa. The Transformation Agenda of the WHO Secretariat in the African Region, 2015–2024. Brazzaville: WHO Regional Office for Africa; 2024. Available from: https://iris.who.int/handle/10665/178621
- 20. World Health Organization. Ebola disease caused by Bundibugyo virus – Democratic Republic of Congo. Disease Outbreak News [Internet]. Geneva: World Health Organization; 2026 [cited 2026 Jul 9]. Available from: https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak-news
Annexe Tableaux
Les principales réalisations et les défis persistants de la période considérée, par thème
Tableau A1 (13)
Accès au traitement antirétroviral maintenu pour environ 21,7 millions de personnes ; 28,4 millions de doses de médicaments contre les maladies tropicales négligées sécurisées ; campagnes de lutte antipaludique organisées dans 21 pays ; indice de couverture des services pour la CSU porté à 51 (contre 30 en l’an 2000).
Services essentiels et CSU (chapitre 2)
Maintien du taux de couverture par le DTC3 à 76 % ; 18,3 millions d’enfants (12,3 millions d’enfants « zéro dose ») atteints par le Grand rattrapage ; vaccin antipaludique introduit dans 24 pays ; vaccin contre le PVH disponible dans 36 pays.
Vaccination (chapitre 2)
Amendements au RSI de 2024 adoptés par les 47 États Membres ; 71 % des événements détectés dans les sept jours ; flambée de maladie à virus Ebola à Bulape maîtrisée en 88 jours et structures de riposte converties en capacité permanente.
Sécurité sanitaire (chapitre 3)
Réformes sur la fiscalité du tabac adoptées dans 15 États Membres ; réserve de financement pour le climat et la santé d’un montant de 139 millions de dollars É.-U. couvrant 21 pays ; mise en œuvre d’une politique en faveur d’une alimentation saine dans 46 États Membres.
Amélioration de la santé des populations (chapitre 4)
Réduction des effectifs d’environ 25 % et réaffectation d’environ 75 % du personnel au niveau des pays ; économies récurrentes de plus de 8 millions de dollars É.-U. ; contributions volontaires en hausse de 7 %, à 769 millions de dollars É.-U. ; engagement pris par 21 États Membres à participer au cycle d’investissement.
Institution et financement (chapitre 5)
Accord sur les pandémies adopté avec le système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages ; amendements au RSI en vigueur ; approbation de la feuille de route de l’Agenda de Lusaka ; mise en œuvre opérationnelle de l’Agence africaine du médicament.
Positionnement en matière de santé mondiale (chapitre 6)
Les perspectives d’ici 2027 et au-delà, et leurs implications pour la santé publique
Tableau A2 (18)
Une doctrine de souveraineté sanitaire africaine consolidée (« Accra Reset » (la réinitialisation d’Accra) ; Nouvel ordre de santé publique ; Comité ministériel de haut niveau).
Politiques
Croissance africaine d’environ 4,2 % (2026) et d’environ 4,4 % (2027) ; 12 économies africaines comptant parmi les 20 économies les plus dynamiques du monde.
Économiques
Paiements directs représentant environ 36 % des dépenses de santé, dépassant le seuil audelà duquel ils entraînent un risque de difficultés financières dans 35 États Membres ; déficit de financement de la lutte contre la tuberculose d’un montant d’environ 3,6 milliards de dollars É.-U.
Plafonnement de la couverture (à 76 % pour le DTC3 depuis cinq ans ; à 47 % contre un objectif établi à 90 % pour le vaccin contre le papillomavirus humain) ; disparités infranationales en matière d’équité les plus importantes au monde ; campagnes vulnérables sur le plan financier.
Urgence de santé publique de portée internationale liée au virus Ebola Bundibugyo en cours ; persistance du choléra ; moyenne des capacités essentielles d’environ 51 %, les zones fragiles accusant le plus de retard.
Prévention restant toujours sous-financée ; environ 37 % de décès imputables aux MNT, soit la mortalité prématurée due aux MNT la plus élevée de toutes les Régions de l’OMS.
Déficit de financement résiduel des programmes de base pour l’exercice 2026-2027 d’un montant de 662 millions de dollars É.-U. ; engagements de financement pas encore suivis de décaissements.
Question non résolue liée à l’annexe du système d’accès aux agents pathogènes et partage des avantages ; cible d’Abuja largement non atteinte ; traduction du consensus continental en résultats au niveau des pays.
Financement, partenariat et gouvernance de plus en plus définis par les institutions africaines ; aide extérieure évaluée à l’aune de son alignement sur les plans nationaux.
Élargissement de la marge de manœuvre budgétaire, dont le secteur de la santé doit toutefois se prévaloir ; traduction de la croissance en budgets sanctuarisés en vue de la réalisation de la cible d’Abuja.
Population jeune (environ 60 % a moins de 25 ans) et déplacements atteignant des niveaux records (12,7 millions rien qu’en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale).
Sociaux
Réchauffement plus rapide que la moyenne ; insalubrité de l’eau, pollution de l’air et chocs climatiques ; conflits dans certaines zones de la Région ; moins de 1 % du financement climatique alloué au secteur de la santé.
Environnementaux
Santé numérique, données et intelligence artificielle à grande échelle ; premier investissement significatif dans la fabrication de vaccins, de médicaments et de produits de diagnostic par l’Afrique.
Technologiques
Tableau A3 (5)
Cadre à moyen terme : les trois horizons temporels et leurs principaux livrables
À court terme d’ici 2027 : la phase d’accélération – stabilisation et refondation.
À moyen terme jusqu’en 2030 environ
Mise à l’échelle et institutionnalisation
À long terme à l’horizon 2035 Transformation
Tableau A4 (15)
Les sept axes phares de mise en œuvre et les étapes clés correspondantes
Soins de santé primaires et systèmes communautaires centrés sur les districts
Services intégrés sur une seule plateforme ; extension des équipes de santé familiale à un plus grand nombre d’États Membres d’ici 2030. Préparation et résilience de l’ensemble du système
Plans chiffrés d’investissement dans les ressources humaines dans les 47 États Membres ; formation fondée sur les compétences et développement du leadership.
Déploiement de l’Agence africaine du médicament et de l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique ; renforcement des autorités de réglementation au niveau de maturité 3 ; approvisionnement régional en produits assuré.
Déploiement de l’Agence africaine du médicament et de l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique ; renforcement des autorités de réglementation au niveau de maturité 3 ; approvisionnement régional en produits assuré. Financement durable et partenariats
Clôture de la riposte d’urgence à l’épidémie de virus Ebola Bundibugyo et conversion des mesures prises dans ce cadre en une capacité permanente en matière de sécurité sanitaire ; capacité à amortir les chocs financiers ; consolidation des acquis en matière de vaccination et de soins de santé primaires ; renforcement des capacités de modernisation ; et obtention de l’approbation de la vision et signature de pactes nationaux.
Déploiement à l’échelle nationale des équipes de santé familiale et du programme PEN-Plus ; développement de la fabrication régionale et de la mutualisation des achats, mise en place d’infrastructures résilientes au changement climatique et de la surveillance ; et transition du financement vers des budgets de santé pilotés par les pays.
Région assurant elle-même le financement, la gouvernance et la mise en œuvre de son propre système de santé : disponibilité de soins abordables et fiables à proximité du domicile ; flambées épidémiques détectées et endiguées dans les meilleurs délais ; et systèmes résilients et fondés sur un financement intérieur, dans lesquels les partenaires jouent un rôle catalytique plutôt que structurel.
Institutionnalisation des capacités, de la détection à la riposte ; intégration de la continuité des services essentiels comme exigence de conception.
Plans chiffrés d’investissement dans les ressources humaines dans les 47 États Membres ; formation fondée sur les compétences et développement du leadership.
Financement intérieur proche de la cible d’Abuja ; financement mixte et catalytique ; partenaires alignés sur un seul et même plan national.
Dividende démographique et secteur moteur de l’emploi ; pressions croissantes pesant sur les systèmes de santé en matière de demande, d’équité et de responsabilisation
Résilience érigée en caractéristique intrinsèque du système ; priorités sanitaires devant s’inscrire dans des mécanismes de financement du climat et de l’environnement, plutôt que d’être traitées de manière isolée.
Chance de progresser vers la souveraineté et l’efficience opérationnelle, qui s’accompagne toutefois de la nécessité d’atténuer le risque de fracture numérique en garantissant une gouvernance équitable et solide des données en Afrique.