WHO’s results in Africa · July 2025 – June 2026

Obtenir des résultats, conduire la réforme et garantir l’avenir du secteur de la santé en Afrique

Rapport du Directeur régional — Vue d’ensemble

10disease-elimination validations in one year
47États Membres ont adopté les amendements de 2024 au RSI
21.7Mde personnes ont bénéficié d’un traitement ininterrompu contre le VIH malgré les réductions de financement intervenues au cours de l’année
2035the north star: united action for Africa’s health future

Avant‑propos

Dr Mohamed Yakub Janabi
Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique© WHO

La période couverte par le présent rapport, à savoir du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026, a été l’une des plus exigeantes de l’histoire récente de notre Région. Elle marque également la première année complète de mon mandat en tant que Directeur régional, au cours de laquelle la Région africaine a amorcé une nouvelle trajectoire visant à renforcer sa souveraineté sanitaire, son leadership en matière de gestion des situations d’urgence et sa réforme institutionnelle. Pour nous, en tant que Région, la souveraineté en matière de santé est synonyme de systèmes nationaux plus robustes, d’une plus grande capacité de fabrication au niveau régional, d’un financement plus résilient et d’un leadership africain plus actif dans la définition et dans la mise en œuvre des priorités de santé publique.

Au cours de cette période, la Région a été confrontée à de multiples défis sanitaires concomitants, dont la survenue simultanée est exceptionnelle. Il s’agit notamment de la toute première flambée de maladie à virus Marburg en Éthiopie, de la seizième flambée de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, d’un épisode de fièvre de la Vallée du Rift en Mauritanie et au Sénégal. Parallèlement à ces diverses flambées épidémiques, la Région a maintenu une riposte face à la transmission soutenue du choléra, de la variole simienne et de la rougeole.

Ces événements sont survenus dans un contexte marqué par la plus importante remise à plat financière de l’Organisation mondiale de la Santé depuis une génération. Cependant, malgré les contraintes financières sans précédent qui en ont découlé, nous avons protégé les fonctions techniques essentielles et maintenu notre appui aux États Membres tout en accélérant les réformes institutionnelles.

Au moment où le présent rapport est mis sous presse, notre Région riposte à sa dix-septième flambée de maladie à virus Ebola, due au virus Bundibugyo, dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo. J’adresse ma profonde gratitude aux agentes et agents de santé, aux communautés et aux partenaires qui sont en première ligne de cette riposte, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui ont dirigé ou soutenu les interventions face aux flambées épidémiques sur l’ensemble du continent tout au long de la période considérée. La Région vous est profondément reconnaissante pour votre engagement et votre dévouement.

Le titre du présent rapport traduit les trois engagements fondamentaux qui ont guidé notre action au cours de l’année écoulée. Nous avons obtenu des résultats : les principales flambées épidémiques ont été maîtrisées dans les délais recommandés ; le nombre de décès dus à la tuberculose dans la Région a diminué de 46 % entre 2015 et 2024 ; l’Initiative d’achat groupé des petits États insulaires en développement d’Afrique

a reçu le Prix 2025 des partenariats des Nations Unies pour les PEID, dans la catégorie « Économie » ; enfin, les États Membres ont approuvé le premier Cadre régional global pour la santé bucco-dentaire. Nous avons mené la réforme : le Bureau régional a mis à profit les contraintes financières de la période considérée pour accélérer, plutôt que différer, son programme de modernisation. Des progrès ont été accomplis dans le renforcement de la hiérarchisation des priorités, de la responsabilisation, de la transparence, des systèmes de données et numériques, ainsi que de l’appui apporté aux bureaux de pays. Nous avons œuvré à garantir l’avenir sanitaire de l’Afrique, notamment en faisant progresser l’initiative Accra Reset et l’Agenda de Lusaka, en soutenant la mise en œuvre de l’Accord sur les pandémies et des amendements de 2024 au Règlement sanitaire international, en promouvant l’Agence africaine du médicament, en élaborant le cadre régional pour la production locale et en renforçant le partenariat avec la Commission de l’Union africaine et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies.

L’année à venir exigera des efforts soutenus et une attention constante. Nous devons mener à son terme la riposte en cours à la maladie à virus Ebola en Ituri, dans des conditions de sécurité. Nous devons consolider le modèle opérationnel mis en place au cours des 12 derniers mois et préserver les services de santé essentiels, notamment les soins de santé primaires, la vaccination, la lutte contre les maladies non transmissibles, ainsi que la préparation et la riposte aux urgences sanitaires, contre toute nouvelle dégradation. Dans le même temps, nous devrons étendre les mécanismes d’achat groupé et la production locale au-delà de leur portée actuelle, et positionner la Région africaine de manière cohérente dans le cadre de l’initiative ONU80 et de la réforme plus large de l’architecture mondiale de la santé. Cela nécessitera un alignement sur le Quatorzième Programme général de travail et sur le Nouvel ordre de santé publique pour l’Afrique de l’Union africaine. Enfin, nous devons continuer à nous concentrer sur les communautés que nous servons. Derrière chaque chiffre de ce rapport se trouvent des vies protégées, des familles soutenues et des communautés rendues plus résilientes.

Je remercie nos États Membres, nos partenaires du système des Nations Unies et des initiatives mondiales en faveur de la santé, les organisations de la société civile, les communautés, ainsi que le personnel du Bureau régional et de nos bureaux de pays pour leur engagement tout au long de cette année exceptionnelle. Je rends hommage à la mémoire du Dr Faustine Ndugulile, dont le décès prématuré m’a conduit à assumer les responsabilités de cette fonction, ainsi qu’au Dr Chikwe Ihekweazu pour le leadership dont il a fait preuve durant la période de transition.

L’Afrique est prête. L’OMS dans la Région africaine est prête à jouer pleinement son rôle.

Remerciements (5)

Le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique remercie les États Membres pour leur collaboration, ainsi que pour les données communiquées, qui ont rendu possible l’élaboration du présent rapport. Le Bureau régional tient également à saluer les efforts collectifs déployés par les équipes qui ont contribué à l’élaboration de ce rapport.

Le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique remercie les États Membres pour leur collaboration, ainsi que pour les données communiquées, qui ont rendu possible l’élaboration du présent rapport. Le Bureau régional tient également à saluer les efforts collectifs déployés par les équipes qui ont contribué à l’élaboration de ce rapport.

Les rédacteurs principaux étaient Bridget Farham et Nicola Richards, du groupe organique Promotion de la santé, prévention et lutte contre les maladies, tandis que la revue technique a été assurée par Stephan Ngami. Les rédacteurs ont travaillé en étroite collaboration avec les programmes techniques des différents groupes organiques du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique et avec les bureaux de pays de l’OMS, qui ont fourni les informations de base ayant servi à l’élaboration du rapport, de même que des retours d’information et effectué des travaux de révision tout au long du processus de rédaction. La revue technique et les observations ont quant à elles été assurées par Dorothy Achu, Yahaya Ali Ahmed, Cedric Bayiha, Marie Roseline Belizaire, Dick Chamla, Mark Chimombe, Ogochukwu Chukwujekwu, Juliane Drews, Thomas Fedjo, Faiza Hassan, Akudo Ikpeazu, Elizabeth Juma, Akpaka Kalu, Francis Kasolo, Janet Kayita, Doris Kirigia, Andrea Luciani, Agnes Midi, Younghong Min, Etienne Minkoulou, Jeremiah Mushosho, Joseph Ngom, Kofi Nyarko, Adelheid Onyango, Laeticia Ouedraogo, Patrick Ramadan, Egide Rwamatwara, Daniel Walter et Ibiteye Mubaraka Yusuf.

Le Bureau régional tient également à remercier les membres du Groupe d’experts chargé de la revue, qui se sont réunis à Kintélé (République du Congo) pour la revue finale du projet de rapport. Il s’agit de Abba Abakar, Victor Alegana, Magaran Bagagayoko, Celestin Danwang, Thomas Fedjo, Humphrey Karamagi, Akpaka Kalu, Neema Kimambo, Lucien Manga, Franck Mboussou, Kizito Nsarhaza, Olu Oluseun et Vincent Sodjinou.

De plus, le Bureau régional salue la contribution de l’équipe dirigeante de l’OMS. La conceptualisation, la préparation et la coordination de la rédaction et de la production du rapport ont été réalisées sous la supervision de Benido Impouma, grâce aux efforts de mobilisation des groupes organiques Prévention et lutte contre les maladies, Préparation aux situations d’urgence et organisation des secours, ainsi que du groupe organique Administration générale et coordination, en collaboration avec d’autres programmes. Par ailleurs, le Bureau régional tient à exprimer sa reconnaissance au Cabinet du Directeur régional et à la Direction de la gestion des programmes, notamment pour les contributions apportées par Diallo Abdourahmane, Owen Kaluwa, Yvonne Mburu et Aschalew Workineh.

Sigles et abréviations (83)

AGNU Assemblée générale des Nations Unies

AMPR-SC Acétate de médroxyprogestérone retard sous-cutané

AMS Assemblée mondiale de la Santé

ASCEND Accélérer la lutte et l’élimination durables des maladies tropicales négligées

AUDA-NEPAD Agence de développement de l’Union africaine — Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique

AVMA Accélérateur de la production des vaccins en Afrique

AVoHC-SURGE Corps des volontaires africains de la santé - Renforcer et utiliser les groupes d’intervention en cas d’urgence

BDBV Maladie à virus Ebola Bundibugyo

CARMMA (Plus) Campagne pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique

CDC-Afrique Centres africains de prévention et de contrôle des maladies

CEDEAO Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest

CEEAC Communauté économique des États de l’Afrique centrale

CEMAC Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale

CER Communauté économique régionale

COVID-19 Maladie à coronavirus 2019

CSU Couverture sanitaire universelle

DHIS2 Systèmes d’information sanitaire de district 2

DTC3 Troisième dose de vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche

ECDC Centre européen de prévention et de contrôle des maladies

ECSA-HC Communauté de santé de l’Afrique orientale, centrale et australe

EEC Évaluation externe conjointe

EMRO Bureau régional de la Méditerranée orientale

ENDISA Stratégie pour mettre fin aux maladies en Afrique

Enquêtes STEPS Approche STEPS pour la surveillance des facteurs de risque des maladies non transmissibles

EWENE Programme Every Woman, Every Newborn, Everywhere (Chaque femme, chaque nouveau-né, partout)

FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

G7 Groupe des sept

GER Égalité des genres, équité en santé et droits humains

GLASS Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de leur usage

GMC Centre mondial de gestion (pôle de Pretoria)

HCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (agence des Nations Unies pour les réfugiés)

HEAT & HEAT Plus Outils d’évaluation de l’équité en santé de l’OMS

IA Intelligence artificielle

IGAD Autorité intergouvernementale pour le développement

IHME Institute of Health Metrics and Evaluation

IPC Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (tel que cité dans une référence du chapitre 1)

MNT Maladie non transmissible

MOPAN Réseau d’évaluation de la performance des organisations multilatérales

MTN Maladie tropicale négligée

MVE Maladie à virus Ebola

OCDE Organisation de coopération et de développement économiques

OCHA Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies

ODD Objectifs de développement durable (Nations Unies)

OMM Organisation météorologique mondiale

OMS Organisation mondiale de la Santé

OMSA Organisation mondiale de la santé animale

ONU Organisation des Nations Unies

ONU80 Initiative de réforme lancée à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire des Nations Unies

ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida

OOAS Organisation Ouest Africaine de la Santé

PABS Accès aux agents pathogènes et partage des avantages (système)

PAM Programme alimentaire mondial

PANSS Plans d’action nationaux pour la sécurité sanitaire

Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme Anciennement « Faire reculer le paludisme » ; RBM est conservé dans le nom actuel du partenariat

PATH Organisation mondiale à but non lucratif dans le domaine de la santé. « PATH » est aujourd’hui son nom officiel et ne constitue plus un acronyme

PDX Preparedness Data Exchange

PEID Petits États insulaires en développement

PEN-Plus Programme d’extension de l’ensemble des interventions essentielles de lutte contre les maladies non transmissibles de l’OMS aux maladies non transmissibles graves dans les établissements de santé d’orientation-recours de premier niveau

PNUD Programme des Nations Unies pour le développement

PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement

PRSEAH Prévention de l’exploitation, des abus et du harcèlement sexuels et mesures destinées à y remédier

PVH Papillomavirus humain

Quatorzième PGT Quatorzième programme général de travail

RAEP Rapport annuel d’autoévaluation de l’application du RSI par les États Parties

RAM Résistance aux antimicrobiens

RC76 Soixante-seizième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique

RSI Règlement sanitaire international

SADC Communauté de développement de l’Afrique australe

SAFER Initiative de l’OMS visant à réduire les méfaits liés à la consommation d’alcool (cinq domaines d’action : renforcer les restrictions relatives à la disponibilité de l’alcool ; promouvoir et appliquer des mesures de répression de la conduite en état d’ébriété ; faciliter l’accès au dépistage, aux interventions brèves et au traitement ; appliquer des interdictions ou d’importantes restrictions relatives à la publicité et à la promotion de l’alcool, ainsi qu’au parrainage par des fabricants d’alcool ; augmenter les prix de l’alcool au moyen de taxes d’accise et d’autres politiques relatives au prix)

Sida Syndrome d’immunodéficience acquise

SRMNEA Santé reproductive et santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent

SSP Soins de santé primaires

TrACSS Enquête d’autoévaluation nationale sur la résistance aux antimicrobiens

UA–BIRA Bureau interafricain pour les ressources animales de l’Union africaine

UNFPA Fonds des Nations Unies pour la population

UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance

Unitaid Initiative mondiale pour la santé, hébergée par l’OMS, qui investit dans des produits de santé innovants

USAID Agence des États‑Unis pour le développement international

USPPI Urgence de santé publique de portée internationale

VIH Virus de l’immunodéficience humaine

WASH Eau, assainissement et hygiène

WHO-PEN Ensemble OMS d’interventions essentielles pour lutter contre les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires

WUENIC Estimations OMS/UNICEF de la couverture vaccinale nationale

Contexte régional

Contexte régional Au cours de la période considérée, les services de santé en Afrique ont continué de fonctionner malgré la plus forte réduction du financement international de la santé enregistrée depuis une génération, tandis que plusieurs flambées de maladies étaient combattues simultanément. Les résultats ont été nettement meilleurs que ce que l’ampleur des réductions de financement aurait pu laisser prévoir à elle seule : huit paysi ont franchi une étape majeure dans l’élimination de maladies ; 71 % des flambées ont été détectées dans un délai d’une semaine, et les interventions d’urgence ont laissé en héritage des infrastructures durables, plutôt que de disparaître une fois la crise passée. Cette marge de résilience est toutefois restée limitée : certains indicateurs se sont dégradés et, au moment de la rédaction du présent rapport, moins de la moitié des financements promis pour combler les déficits restants avaient été effectivement versés. Les décisions que prendront les ministres et les partenaires au cours de l’année à venir détermineront si les progrès accomplis cette année pourront être consolidés ou s’ils seront perdus.

Une année de changements et de défis

Une année de changements et de défis En l’espace d’une année, le financement international de la santé a diminué d’environ 20 % à l’échelle mondiale. La Région africaine de l’OMS a subi la part la plus importante de cette réduction parmi toutes les régions de l’Organisation, alors même qu’elle supporte la charge mondiale la plus lourde de paludisme et de nouvelles infections par le VIH. Ces réductions sont intervenues dans un contexte où les effectifs des personnels de santé ne représentaient déjà que moins de 50 % des besoins estimés, et leurs répercussions ont été inégalement réparties. Les pays déjà confrontés à des conflits ou à des déplacements de population, ainsi que ceux fortement tributaires des financements extérieurs, ont été les plus durement touchés. Au sein de ces pays, les populations les plus vulnérables ont supporté une part disproportionnée des conséquences : en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, les femmes et les enfants représentaient, selon les estimations, 80 % des 12,7 millions de personnes déplacées par les conflits au cours de la période considérée.

WHO Regional Director for Africa, Dr Mohamed Janabi, joins Tanzanian authorities to inaugurate a Maternal and Newborn Care Unit in Kwimba District, Mwanza Region – 28 February 2026-Tanzania ©WHO/Clémence Eliah Sinkamba

Cette réduction des financements est en outre intervenue dans un contexte opérationnel d’une complexité exceptionnelle. La Région a été confrontée à plusieurs flambées de maladies concomitantes, notamment de maladie à virus Ebola, de maladie à virus Marburg et de mpox, ainsi qu’à une vague de choléra d’une ampleur sans précédent, sur fond d’aggravation des inondations, des sécheresses et de l’insécurité alimentaire.

Algérie, Burundi, Cabo Verde, Guinée, Kenya, Maurice, Sénégal et Seychelles

Le rôle de l’OMS et de ses partenaires

Aucun de ces résultats n’a été obtenu de manière isolée. L’OMS a élaboré les normes et orientations techniques applicables aux programmes de lutte contre les maladies, aidé les pays à renforcer leurs systèmes de détection et de riposte aux urgences afin de détecter plus rapidement les flambées, accompagné les réformes des mécanismes de mobilisation et de gestion des financements de la santé et défendu les intérêts de la Région dans les processus décisionnels mondiaux. À cette fin, l’OMS a d’abord engagé sa propre transformation. Au cours de l’année, le Bureau régional a réduit ses coûts et ses effectifs de 23 %, passant de 2540 à 1948 membres du personnel, et a redéployé les trois quarts de ses effectifs restants vers les bureaux de pays, au plus près des ministères et des communautés qu’ils servent. Cette réorganisation a permis de dégager plus de 8 millions de dollars É.-U. d’économies par an, désormais réaffectés aux opérations menées au niveau des pays.

Un large éventail de partenaires a apporté des capacités complémentaires à celles de l’OMS. L’Union africaine et le CDC-Afrique ont dirigé la stratégie continentale. Gavi, l’Alliance du Vaccin, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale et d’autres institutions de financement ont apporté un appui direct aux programmes de vaccination ainsi qu’aux programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Les organismes des Nations Unies ont, quant à eux, soutenu les interventions humanitaires en faveur des populations déplacées. Les activités de lutte contre les maladies non transmissibles, y compris les problèmes de santé mentale, ont bénéficié du soutien du Wellcome Trust, du Leona M. and Harry B. Helmsley Charitable Trust et du NCDI Poverty Network.

Des ressources supplémentaires ont également été mobilisées. Au total, 22 des 47 États Membres de la Région ont pris des engagements financiers dans le cadre du tout premier cycle d’investissement mondial de l’OMS et, à la fin de la période considérée, 48 % de ces engagements avaient été convertis en contributions effectives, contre 12 % un an auparavant. Les contributions volontaires destinées à la Région ont atteint 769 millions de dollars É.-U. en 20242025, une part croissante de ces financements provenant désormais de donateurs privés et de fondations.

Défis persistants

Quatre grands défis demeurent. Le premier concerne le sousfinancement des fonctions essentielles de l’Organisation. Même après les engagements financiers pris cette année, les coûts de fonctionnement de base de l’OMS dans la Région présentent encore un déficit de financement de 662 millions de dollars É.-U. pour les deux prochaines années. Les paiements directs à la charge des patients représentent encore environ 33 % de l’ensemble des dépenses de santé dans la Région, un niveau suffisamment élevé pour faire basculer des familles dans la pauvreté dans 35ii des 47 États Membres. Deuxièmement, les urgences de santé publique continuent de s’intensifier. La menace n’est pas écartée. La flambée de maladie à virus Ebola particulièrement difficile, mentionnée plus haut continuait de se propager au moment de la finalisation du présent rapport, tandis que le nombre de cas de choléra a atteint un niveau record dans la Région,

Deuxièmement, les urgences de santé publique continuent de s’intensifier. La menace n’est pas écartée. La flambée de maladie à virus Ebola particulièrement difficile, mentionnée plus haut continuait de se propager au moment de la finalisation du présent rapport, tandis que le nombre de cas de choléra a atteint un niveau record dans la Région, avec plus de 245 000 cas en 2025, principalement en raison de l’insuffisance des services d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement.

Troisièmement, la continuité des soins demeure un défi majeur. Les services nécessitant un suivi régulier au sein du système de santé restent les plus fragiles. Le nombre estimé de personnes ayant bénéficié de services de santé mentale est passé de 982 000 en 2024 à 207 000 en 2025, selon les projections. Un seul pays satisfait à la norme recommandée en matière de soins prénatals pour les femmes enceintes, tandis que les maladies non transmissibles, qui sont déjà responsables de 37 % de l’ensemble des décès, demeurent le problème de santé le plus difficile à surveiller.

Quatrièmement, les lacunes en matière de données masquent les inégalités en santé. La Région ne dispose toujours pas d’informations suffisamment fiables pour déterminer quels groupes de population sont laissés pour compte. Dans 44 des 47 pays, les données sur les causes réelles de décès de la population sont limitées, ce qui complique le ciblage de l’allocation des ressources financières.

Algérie, Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cabo Verde, Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Kenya, Libéria, Madagascar, Mali, Maurice, Mauritanie, Niger, Nigéria, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, République-Unie de Tanzanie, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Soudan du Sud, Tchad et Togo

Sexual Reproductive Health Outreach in Samburu, Kenya ©Genna Print / WHO

Ce qu’il faut faire ensuite

Pour combler le déficit de financement, les États Membres doivent transformer les engagements pris cette année en décaissements effectifs selon un calendrier précis, amener les pays qui ne se sont pas encore engagés à participer à la campagne de mobilisation de ressources et définir, dans chaque pays, un calendrier national clair pour atteindre l’objectif de longue date de la Région.

Pour mettre fin aux urgences sanitaires en cours, les pays doivent maîtriser définitivement et en toute sécurité les flambées actives de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, tout en faisant en sorte que les capacités mises en place dans le cadre de la riposte deviennent des acquis durables au niveau local. Ils doivent également investir spécifiquement dans l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement afin de parvenir à éliminer le choléra.

Pour renforcer les services qui accusent un retard et remédier aux insuffisances des systèmes de surveillance, les pays devraient mettre pleinement en œuvre des systèmes de surveillance permettant de détecter les décès maternels et néonatals évitables, préserver les financements afin que les progrès réalisés cette année en matière d’élimination ne soient pas remis en cause, rétablir les services de santé mentale à leur niveau antérieur et veiller à ce que tous les pays communiquent, dans un délai de deux ans, des données sanitaires de base ventilées par sexe et par âge.

Ces objectifs appellent une action ciblée de la part de chaque catégorie d’acteurs. Les ministres devraient considérer la santé comme un investissement plutôt que comme une dépense. Ainsi, ils devraient établir et financer un calendrier national permettant d’atteindre l’objectif de 15 %, protéger les programmes essentiels de première ligne qui ont rendu possibles les résultats obtenus cette année contre de nouvelles réductions et traduire les engagements déjà pris en matière de personnel et de financement par le pourvoi effectif des postes et le décaissement des ressources. Les partenaires et les donateurs doivent fournir un financement direct et prévisible en appui aux plans nationaux, plutôt qu’au travers de multiples projets distincts, honorer les engagements financiers déjà pris et investir dans les capacités de production pharmaceutique de l’Afrique.

La Région africaine de l’OMS a démontré ce qu’elle est capable d’accomplir, même au cours de l’année la plus difficile de son histoire récente. La pérennisation des progrès réalisés cette année dépend désormais d’un financement adéquat et du respect des engagements pris.

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