Inhumation d'un héros de l'OMS

Le Dr Richard Valery Mouzoko Kiboung, médecin épidémiologiste, mari et père dévoué qui travaillait à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis cinq ans, a été inhumé aujourd'hui au Cameroun, son pays natal, avec beaucoup de peine et de respect.
Le Dr Mouzoko est décédé à l’âge de 42 ans des suites d'une blessure par balle survenue lors d'un attentat perpétré le 19 avril contre l'hôpital universitaire de Butembo, où il dirigeait une réunion avec des agents de santé de première ligne luttant contre la maladie à virus Ebola dans la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC).
Décrit comme un homme « prêt à voler immédiatement au secours de son prochain », le Dr Mouzoko dirigeait l'équipe d'intervention de l'OMS au centre de traitement d'Ebola de l'hôpital universitaire de Butembo, une ville qui est l'un des pires foyers d'Ebola dans le pays.
« Le décès du Dr Richard est une perte énorme aussi bien pour l'OMS que pour les habitants de la RDC qu'il servait lorsque sa vie lui a été ôtée si brutalement et inutilement. C'est aussi une énorme perte pour le Cameroun, et surtout pour sa famille, qui a perdu un mari, un père, un fils et un frère », a déclaré le Directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant des centaines de personnes venues rendre hommage à l'illustre disparu.
« Le monde de la santé publique en général, et l'OMS en particulier, a perdu quelqu'un d'exceptionnel lors de cette attaque d'avril », a déclaré pour sa part le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique. « C'est pour aider les autres à vivre une vie plus saine que nous avons choisi cette profession. Nous nous attendons à de longues carrières et espérons vivre longtemps pour contempler les résultats de notre travail. Le Dr Mouzoko a eu un grand impact malgré sa vie écourtée et il a contribué à rendre d'innombrables vies plus saines. Il était à la fois un médecin, un humanitaire et un héros – un véritable modèle pour nous tous », a-t-elle ajouté.
Au cours de sa carrière, le Dr Mouzoko a travaillé dans des zones à faible couverture vaccinale et a contribué à améliorer la santé des communautés vulnérables, notamment les réfugiés, les personnes déplacées et les populations nomades. Il a également enquêté sur des maladies comme la fièvre jaune, la rougeole, la polio, la méningite, le tétanos néonatal et Ebola et a organisé des campagnes de vaccination contre ces maladies.
Polyglotte, il parlait huit langues et touchait les gens avec une humanité qui faisait passer les autres en premier. Il a formé des centaines de médecins et d'agents de santé pour mieux aider les communautés vulnérables auxquelles il tenait tant. La santé publique était sa passion. Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l'Université de Yaoundé, le Dr Mouzoko a poursuivi des études de maîtrise en santé publique à l'Institut de médecine tropicale d'Anvers, en Belgique.
« Le Dr Richard a fait le sacrifice ultime, mais ce sacrifice ne sera pas en vain. C'est grâce à des personnes comme lui que nous avons fait des progrès contre Ebola, et c'est grâce à des personnes comme lui que l'épidémie sera vaincue », a ajouté le Dr Tedros.
Le Dr Mouzoko laisse derrière lui son épouse, Friquette Tata, et quatre enfants, Beleck Margaret, Moulong Simon, Wolimum Emmanuelle et Amewock Nathan.
 

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