Avancée dans les soins maternels et infantiles dans les camps des réfugiés sahraouis
Une mission conjointe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’Ambassade du Japon en Algérie s’est rendue du 10 au 13 février 2026 dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf pour évaluer l’état d’avancement du « Projet humanitaire visant à améliorer la santé maternelle et infantile, la surveillance épidémiologique et la prévention de la malnutrition dans les camps de réfugiés de Tindouf». Financé par le Japon, ce projet vise à améliorer durablement les services de santé, la surveillance épidémiologique et le système d’information sanitaire dans les camps.
Des équipements médicaux et informatiques déployés et pleinement opérationnels
La mission conjointe a confirmé que les équipements acquis — notamment un échographe de haute technologie, des autoclaves, des dispositifs de diagnostic (stéthoscopes, tensiomètres, glucomètres, oxymètres, thermomètres), ainsi que du matériel informatique (ordinateurs de bureau, imprimantes, ordinateurs portables) — ont été distribués aux structures sanitaires ciblées par le projet.
Ces équipements sont aujourd’hui pleinement fonctionnels dans les dix centres de santé et les six centres du Système d’Information Sanitaire (SIS).
Des réactifs et consommables médicaux ont également été remis aux structures, améliorant sensiblement la qualité des examens et des soins dispensés au populations. Leur disponibilité a permis de réduire les transferts vers d’autres établissements, ainsi que les retards de prise en charge, limitant par conséquent les complications et parfois même certains décès évitables.
Visite des structures de santé : un impact tangible sur le terrain
La visite a débuté dans le camp de Smara, où les centres de santé de MAHBES, de niveau communautaire, ont été évalués. Grâce au projet : « Nous disposons désormais d’autoclaves modernes. C’est une première. Nous sommes soulagées de ne plus devoir nous déplacer jusqu’à l’hôpital régional pour stériliser le matériel », déclare Mme Khaidouma, sage‑femme et coordinatrice du programme de santé maternelle et infantile.
Elle ajoute que les nouveaux outils de consultation facilitent grandement le suivi intégré de la santé de la mère et de l’enfant : « Le centre ne disposait auparavant que d’un seul stéthoscope et d’un seul tensiomètre pour toutes les consultations. Aujourd’hui, chaque consultation a son propre tensiomètre, glucomètre, oxymètre, thermomètre, ainsi que des tests rapides pour un diagnostic immédiat. C’est un vrai changement. » nous dit NINA sagefemme et responsable du dispensaire MAHBES. Ces centres jouent également un rôle crucial dans la sensibilisation, la prévention et la prise en charge des femmes et des enfants.
Renforcement du Système d’Information Sanitaire
Au niveau régional, dans le camp de BOUJDOUR, la délégation a visité le service du Système d’Information Sanitaire (SIS) implanté au sein de l’hôpital. Celui‑ci a bénéficié d’un important appui en matériel informatique dans le cadre du projet humanitaire, permettant d’améliorer durablement la surveillance épidémiologique, la gestion et l’analyse des données sanitaires, ainsi que la production de rapports fiables.
« Le SIS est organisé en six services et l’ensemble du personnel a été formé à la surveillance épidémiologique et à l’exploitation des données sanitaires. Notre objectif est de définir le profil de santé de la population sahraouie et de renforcer le système d’alerte pour détecter et répondre efficacement à toute épidémie », explique M. Entada, responsable du SIS.
Une amélioration notable de la prise en charge maternelle
À l’hôpital Bachir Salhi, hôpital central des camps, le service de gynécologie a reçu un échographe de haute technologie déjà opérationnel. Cet équipement renforce considérablement la prise en charge des femmes enceintes et contribue à réduire les transferts vers la ville de Tindouf, diminuant ainsi les risques de complications et de décès maternels évitables.
La gynécologue cubaine en poste témoigne : « Cet échographe, grâce à ses fonctionnalités avancées, nous permet également d’échanger à distance avec d’autres spécialistes pour un diagnostic plus précis. Il ouvre l’accès à des soins spécialisés dont les femmes sahraouies ont réellement besoin. »
Visite d’un collège : une approche globale de la santé
La délégation a également visité un collège afin de mieux comprendre les initiatives menées en matière d’éducation, de promotion de la santé scolaire et d’accompagnement des jeunes dans les camps.
Lors d’une séance de travail au siège du Croissant‑Rouge Sahraoui , le secrétaire général du CRS, M. Mohamed Sid Ahmed, a renouvelé ses remerciements et exprimé sa profonde gratitude au Gouvernement du Japon pour son soutien et son engagement en faveur du renforcement du système de santé dans les camps de réfugiés, au bénéfice des mères et des enfants.
« Cette aide arrive à un moment particulièrement difficile, marqué par une baisse et une rareté des financements. Elle a constitué une véritable bouffée d’oxygène pour maintenir et renforcer la prise en charge de la santé maternelle et infantile, améliorer la surveillance épidémiologique et optimiser notre système d’information sanitaire, afin d’assurer une meilleure visibilité et planification des besoins de la population sahraouie », a déclaré le secrétaire général du CRS. Il a également souligné l’importance de la continuité de cet appui, indispensable pour éviter une détérioration de la prise en charge sanitaire des réfugiés sahraouis.
Cette mission conjointe OMS–Ambassade du Japon en Algérie a mis en évidence la contribution essentielle du projet au renforcement du système de santé dans les camps de réfugiés sahraouis. Les progrès réalisés en matière de santé maternelle et infantile, la modernisation de la surveillance épidémiologique et le soutien continu aux structures sanitaires illustrent l’impact concret et durable de ce partenariat du projet humanitaires.
