Niamey : Revue après action contre l’épidémie de la Fièvre de la Vallée de Rift au Niger

Pour faire le bilan et tirer les leçons de la gestion de l’épidémie de Fièvre de la Vallée de Rift (FVR) survenue au Niger dans la région de Tahoua en 2016, un atelier de « Revue Après Action » a été organisé à Niamey du 20 au 24 novembre 2017. Une Revue Après-Action (RAA) est une analyse qualitative des actions prises pour répondre à un événement réel afin d'identifier les meilleures pratiques, les leçons et les lacunes dans la réponse.

Cet atelier, officiellement ouvert par le Ministre de la Santé Publique, Dr Idi Illiassou Mainassara, et le Représentant de l’OMS au Niger, Dr Pana Assimawè, a rassemblé les acteurs directement impliqués lors de la gestion de l’épidémie, notamment, les cadres du ministère de la santé publique, de l’élevage et de l’agriculture, et celui de l’environnement, le Préfet du département de Tchintabaraden, les représentants de l’association des éleveurs ainsi que les agents des services de santé et de l’élevage du niveau opérationnel.

En effet, le Niger a connu sa toute première épidémie de la FVR à partir de septembre 2016, apparue dans le district sanitaire de Tchintabaraden dans le nord de la région de Tahoua.

La Fièvre de la Vallée du Rift qui est une zoonose, est une maladie virale qui peut infecter l’homme à la suite d'un contact direct ou indirect avec du sang ou des organes d'animaux contaminés. Son impact a ainsi été lourd, ayant causé la mort de plusieurs bétails dans une zone essentiellement pastorale et qui a l’élevage comme principale activité économique.

« Depuis la déclaration officielle de l’épidémie par le Ministre de la Santé Publique du Niger le 20 septembre 2016, l’OMS a déclaré la situation comme une « urgence sanitaire de grade 2 » selon le cadre de gestion des urgences de l’OMS. Ce qui a permis le déclenchement du processus d’appui au pays avec des ressources internationales pour lui permettre une réponse adéquate. » a rappelé le Représentant de l’OMS dans son intervention.

Cette épidémie, qui a fait au total 399 cas (suspects, probables et confirmés) avec 33 décès (soit une létalité de 9%) a nécessité une mobilisation des partenaires autour du ministère de la santé publique et celui de l’élevage pour une riposte adéquate à tous les niveaux.

L’OMS, qui a été au centre de la lutte, a apporté un appui technique et financier considérable à tous les niveaux de la lutte et dans tous les axes stratégiques de la riposte dont les principaux sont : le renforcement de la surveillance pour une détection précoce des cas, l’identification des foyers épidémiques, et le suivi de l’évolution de l’épidémie ; le déploiement d’une équipe d’experts (Virologie, Entomologie et Biologie moléculaire) de l’Institut Pasteur de Dakar pour le développement des capacités des laboratoires ; l’appui à la prise en charge des cas à travers une donation au Ministère de la Santé Publique d’un lot de médicaments et de matériels médicaux ; l’appui à la Communication sur les risques, mobilisation sociale et engagement communautaire notamment dans la production des supports, la formation et le suivi des activités au niveau communautaire ; et aussi la contribution à la coordination avec l’appui à l’élaboration des plans de riposte, l’organisation des réunions de coordination avec les parties prenantes et l’organisation de la table ronde pour la mobilisation des ressources.

Quant au Ministre de la santé publique, il a réitéré ses remerciements à l’endroit de l’OMS et de tous les partenaires à tous les niveaux pour leur contribution à la lutte contre cette épidémie et a rassuré l’assistance de son engagement à suivre de près les recommandations issues de ces assises. L’organisation et la coordination de cette riposte autour du ministère de la santé et celui de l’élevage a permis de maitriser ainsi cette épidémie amenant les autorités à déclarer officiellement sa fin le 10 février 2017.

C’est suite à tout ce processus de réponse à cette épidémie, et selon les principes de l’OMS de réponse aux urgences sanitaires, que cette Revue Après Action a été organisée avec l’appui de deux experts représentant le programme des Urgences et sécurité sanitaire, Hub de Dakar et Bureau Régional OMS/AFRO.

Organisée à travers cet atelier de Niamey, elle a permis, pendant les 5 jours de travaux, de partager l’expérience et les perceptions de toutes les personnes impliquées dans la réponse pour évaluer ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné, et comment améliorer à l’avenir.

A la fin, 49 activités ont été identifiées dont 8 prioritaires à mettre en œuvre ainsi que leur niveau de responsabilité pour le suivi. Les participants ont aussi recommandé la réalisation d’une RAA pour toutes les autres urgences sanitaires, le renforcement de la mise en œuvre de l’approche « onehealth » et le renforcement du système de surveillance de la santé animale.

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