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Découvrez le Bulletin trimestriel du programme des Urgences sanitaires - EPR- du Bureau de Pays, RDC, Janvier-Mars 2026

Bulletin trimestriel du programme des Urgences sanitaires de l'OMS en République démocratique du Congo (RDC)

RESUME EXECUTIF

Les trois premiers mois de l’année 2026 ont été caractérisés par une intensification significative des interventions de réponse aux crises sanitaires et humanitaires, notamment dans l’Est du pays, face aux épidémies de choléra, de mpox et de rougeole, ainsi que par la mise en œuvre d’activités de résilience post‑Ebola. 

Le choléra demeure la principale urgence de santé publique, avec 83 266 cas et 2 384 décès enregistrés entre la semaine 1‑2025 et la semaine 8‑2026, correspondant à un taux de létalité de 3 %. La ville de Kinshasa concentre à elle seule près de 30 % des cas. Par ailleurs, l’épidémie de mpox a totalisé 11 577 cas suspects et 130 décès, tandis que la rougeole a causé 44 379 cas suspects et 428 décès.

Dans un contexte parallèle de crise humanitaire persistante en Ituri, au Nord‑Kivu et au Sud‑Kivu, environ 6,47 millions de personnes demeurent déplacées, accentuant la vulnérabilité sanitaire des populations affectées.
Des progrès notables ont été réalisés dans le renforcement des capacités nationales de mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI 2005). Ces avancées concernent notamment la surveillance épidémiologique, la communication des risques et l’engagement communautaire, la sécurité sanitaire des aliments, la surveillance des zoonoses ainsi que la gestion des points d’entrée.

La réponse opérationnelle a été guidée par deux exercices stratégiques majeurs. La Revue intra‑action choléra a permis de formuler des recommandations visant l’amélioration de la coordination, du système d’information sanitaire, des interventions WASH et du quadrillage communautaire. Par ailleurs, la Revue après‑action Ebola a abouti à des recommandations axées sur le renforcement de la coordination multisectorielle, la constitution de stocks de contingence et le développement des capacités à tous les niveaux de la préparation et de la réponse aux urgences de santé publique.

En matière de réponse, la surveillance et les capacités diagnostiques ont été renforcées, notamment par l’extension du diagnostic de la mpox via la plateforme RadiOne et la mise à disposition de 1 500 cartouches GeneXpert. La lutte contre le choléra s’est intensifiée à Kinshasa et dans d’autres provinces prioritaires à travers le déploiement du quadrillage communautaire, l’ouverture du Centre de traitement du choléra (CTC) de Binza Ozone et la distribution massive d’intrants, avec plus de 12 tonnes de matériels médicaux prépositionnées dans les zones à haut risque.

Avec l’appui de l’OMS et des partenaires, 25 kits de prise en charge de la rougeole ont été distribués, permettant de traiter près de 14 000 personnes dans 13 zones de santé. En outre, les capacités de 4 236 acteurs de première ligne ont été renforcées grâce à des formations ciblées dans les domaines de la surveillance, de la prévention et du contrôle des infections (PCI), de la prise en charge des cas (PEC), de la communication des risques et de l’engagement communautaire (CREC), ainsi que du diagnostic de laboratoire, dans le cadre des efforts de résilience post‑Ebola.

L’OMS a également soutenu le renforcement des capacités opérationnelles des services de santé à travers des investissements ciblés dans les infrastructures sanitaires, les laboratoires, l’accès à l’eau potable et l’approvisionnement en médicaments dans sept zones de santé autour de Bulape. Ces interventions, incluant la réhabilitation du bureau de la zone de santé et des bâtiments administratifs et hospitaliers de l’HGR de Bulape, ont contribué à améliorer la continuité et la qualité des soins.

Malgré ces avancées, plusieurs défis majeurs persistent, notamment l’insuffisance de ressources humaines qualifiées en gestion des urgences sanitaires et en surveillance intégrée des maladies aux niveaux provincial et des zones de santé, la couverture limitée du pays en laboratoires de santé publique, la faible mobilisation des autres secteurs dans la lutte contre le choléra, ainsi que l’insuffisance de coordination multisectorielle à l’échelle provinciale.