Le Malawi vaccine 1,3 million d’enfants en réponse à une épidémie de poliomyélite
Blantyre – Environ 1,3 million d’enfants ont été vaccinés contre la poliomyélite au Malawi lors d’une campagne de quatre jours, après la détection d’un nouveau cas de polio fin janvier 2026, le premier cas signalé depuis la découverte en 2022 d’un poliovirus sauvage — génétiquement lié à une épidémie au Pakistan.
La campagne, utilisant le nouveau vaccin antipoliomyélitique oral de type 2 (nOPV2), a été menée conformément aux recommandations de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) pour les activités supplémentaires de vaccination en réponse à toute détection de poliovirus. Environ 97 % des enfants ciblés ont été vaccinés dans huit districts de la région Sud du Malawi. D’autres tours de vaccination sont prévus pour toucher 42 000 enfants supplémentaires ayant manqué la première phase.
Le district de Blantyre a enregistré le plus grand nombre de doses administrées parmi les huit districts, avec une couverture de 107 %.
« La polio est une maladie handicapante qui peut entraîner une invalidité permanente et parfois la mort. Mais la bonne nouvelle est qu’elle peut être évitée grâce à la vaccination, à une bonne hygiène personnelle et à un bon assainissement », a déclaré le Dr Charles Chilambula, vice-ministre de la Santé et de l’Assainissement, lors du lancement de la campagne de vaccination.
Le Malawi a reçu 1,7 million de doses du vaccin nOPV2 de la part du Groupe international de coordination pour la fourniture des vaccins le 10 février 2026. Les vaccins ont été déployés en moins de 12 heures vers les sites de prestation situés dans les districts ciblés pour permettre un démarrage immédiat de la campagne. Deux autres tours nationaux suivront plus tard cette année.
Les communautés ont joué un rôle essentiel dans la réussite de la campagne. Les mobilisateurs sociaux, les agents de santé communautaires, les leaders religieux et les autorités traditionnelles ont fourni des informations exactes sur le vaccin, répondu aux fausses informations et rassuré les familles. Sur les 84 ménages initialement hésitants, 45 ont finalement accepté la vaccination grâce à ces actions ciblées de sensibilisation. Les autorités sanitaires poursuivent le suivi auprès des familles restantes afin de garantir que les enfants soient protégés lors des prochains tours.
« Cette campagne est un nouvel exemple d’un effort rigoureux et bien coordonné pour interrompre la transmission de la polio », a indiqué le Dr Charles Njuguna, Représentant par intérim de l’OMS au Malawi. « L’OMS continuera de soutenir le Malawi dans ses efforts pour garantir que chaque enfant soit protégé contre cette maladie handicapante mais évitable par la vaccination. »
L’OMS a soutenu le ministère de la Santé pour coordonner la logistique opérationnelle complexe nécessaire pour une campagne de vaccination rapide et couvrant toute la région. Les experts de la riposte d’urgence de l’OMS ont organisé et facilité des sessions de formation, offrant aux vaccinateurs locaux les connaissances et compétences nécessaires pour atteindre les enfants de manière efficace et sécurisée. L’Organisation a contribué au renforcement des systèmes de gestion des données, permettant un suivi rapide et précis pour contrôler l’avancement en temps réel. L’appui au suivi et à l’évaluation a permis de maintenir des normes élevées. L’OMS réalise également une évaluation post-campagne par lots, qui mesure la réussite de la campagne en vérifiant si des zones spécifiques ont atteint un seuil de couverture prédéterminé.
Conformément aux directives de l’IMEP pour une enquête approfondie en cas d’épidémie, le Malawi a mené une enquête sociale et médicale approfondie. L’épidémie est liée à un poliovirus dérivé de type 2 détectée sur des sites de surveillance environnementale et chez un enfant non vacciné âgé de 7 ans. Ces souches de poliovirus émergent dans les communautés où les taux de vaccination sont faibles et se propagent par l’eau ou les aliments contaminés. Elles peuvent provoquer des épidémies dans des zones exemptes de polio sauvage.
Lors de l’enquête sociale, les autorités sanitaires ont interrogé 22 personnes de la communauté afin de comprendre les obstacles sociaux et culturels à la vaccination. Une recherche active de cas a été menée pour exclure toute transmission supplémentaire et la présence d’une paralysie flasque aiguë — une affection neurologique caractérisée par une faiblesse musculaire soudaine ou une paralysie, souvent associée à des infections comme le poliovirus.
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