Riposte face à l’épidémie de poliovirus dérivé de la souche vaccinale (VDPVc) type 2 au Mali (Synthèse de la situation au 10 septembre 2015)

Riposte face à l’épidémie de poliovirus dérivé de la souche vaccinale (VDPVc) type 2 au Mali (Synthèse de la situation au 10 septembre 2015)

Le déroulement de la campagne de riposte se poursuit normalement. La 2ème journée a été mise à profit pour corriger les insuffisances relevées la veille dans l’organisation des activités.

Planification et coordination

Les réunions de coordination  se sont tenues au niveau de 6 communes de Bamako et au niveau central contrairement au premier jour. Ces réunions ont permis de faire le point des améliorations apportées dans la planification et la coordination des activités. Ainsi, on peut principalement noter que les anciens circuits de progression des équipes de vaccination ont été réactualisés, les différents partenaires au niveau communautaires notamment les chefs des quartiers, les présidents des ASACO ont été impliqués dans les réunions de coordination et la mise en œuvre des activités. Enfin, le déploiement des équipes sur le terrain a été revu pour prendre en compte les zones insuffisamment couvertes à J1.     

Mobilisation sociale, communication et plaidoyer. 

La diffusion de message se poursuit dans les différentes radios et à la télévision.

Au niveau central, une rencontre a été organisée par la Direction de la santé avec la Commission santé de l’Assemblée nationale. Cette rencontre visait à informer et sensibiliser les élus nationaux sur l’épidémie mais aussi à faire un plaidoyer à leur endroit pour renforcer les actions entreprises. Une déclaration du Ministre de la santé relative à l’épidémie a été diffusée à travers les medias nationaux. 

Au niveau local, les dispositions ont été prises dans toutes les communes pour tenir les réunions des comités de pilotage. Les chefs de quartiers ont été mobilisés à travers des réunions organisées par les médecins chefs des districts ou à l’occasion des visites à domicile pour les impliquer dans la sensibilisation, la mobilisation sociale et la gestion des cas de refus. Des relais communautaires ont été également recrutés dans les quartiers pour la sensibilisation porte à porte dans les ménages. L’information par les leaders religieux à partir des mosquées, est en cours dans les quartiers. Dans certaines communes les Associations des femmes sont actives dans la sensibilisation.

Un socio-anthropologue a été recruté par l’OMS pour renforcer immédiatement l’appui à la sensibilisation et à la communication dans les  milieux réticents à la vaccination et apporter un appui psycho-social à la famille du cas et les familles voisines.

La communication interpersonnelle a aussi été renforcée dans toutes les communes.

Formation des acteurs

Les séances de briefing des vaccinateurs et des superviseurs de proximité avant leur déploiement sur le terrain ont été organisées par endroit au deuxième jour pour corriger les insuffisances relevées la veille dans le marquage, le remplissage des fiches de pointage et la communication interpersonnelle.

Logistique, vaccins et autres intrants

Les problèmes relevés à savoir l’arrivée tardive des fiches de pointage et de la craie dans certains endroits corrigés grâce aux initiatives locales et avec l’approvisionnement par le niveau central.

Mise en œuvre de la vaccination et supervision

La vaccination et la supervision des activités se poursuivent normalement dans toutes les localités. Les enquêtes rapides ont démarré.

Les principaux constats de la supervision sont les suivants: 

Points forts :

- recrutement local des relais et des vaccinateurs
- la plupart des cas de refus signalés ont été gérés
- les équipes de vaccination disposent de circuits de progression
- déploiement à temps des vaccinateurs sur le terrain
- déploiement des équipes dans les marchés et les gares routières
- revisites dans les ménages où des enfants étaient absents au premier jour

Points à améliorer :

- manque des crieurs publics dans les marchés
- persistance par endroit du mauvais marquage des ménages
- existence par endroit de zones insuffisamment couvertes
- chevauchement des équipes de vaccination dans certaines localités
- persistance des cas de réticences à la vaccination par endroit. 

Résultats et analyse des données

A J2, les données partielles montrent un nombre cumulé de 1 656 900 enfants vaccinés sur une cible de 2 122 810 soit une couverture vaccinale de 78,5%. Le nombre total d’enfants zéro dose est 1 787 tous dans la tranche d’âge de 0-11 mois. Le taux de pertes de vaccins est de 1, 12%. 

Résultats de vaccination par commune à J2 (voir tableau au bas de la page)

Actions à prendre:

Les actions pour les 2 jours restants de la campagne doivent porter sur :

- le renforcement des revisites dans les ménages
- la gestion des cas de refus avec l’implication des autorités locales.
- la poursuite des enquêtes rapides
- le ratissage dans les zones insuffisamment couvertes
- la compilation et l’analyse régulière des données à tous les niveaux,
- le renforcement de la vaccination dans les lieux publics (marchés, gares routières  etc.)
- le redéploiement des vaccinateurs dans les zones à faibles performances,
- la poursuite des réunions quotidiennes de coordination

Conclusion:

L’évolution de la couverture vaccinale est bonne dans l’ensemble (78, 5% à J2). Si cette tendance se maintient l’objectif de 100% pourrait être atteint dans plusieurs localités. Ainsi le quatrième jour pourra être consacré au ratissage dans les zones avec des poches d’enfants non atteints.

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