Vers une sécurité sanitaire renforcée : Le Cameroun franchit une étape décisive avec sa 2ᵉ Évaluation Externe Conjointe (JEE)
Du 24 au 28 novembre 2025, Yaoundé a abrité les travaux de la deuxième Évaluation Externe Conjointe (EEC, ou Joint External Evaluation - JEE) des capacités du Règlement Sanitaire International (RSI, 2005) de la République du Cameroun. Cet exercice de haute portée stratégique, conduit par des experts nationaux et internationaux avec l'appui technique de l'OMS, marque une avancée majeure dans la mise en œuvre des engagements du pays en matière de prévention, de détection et de riposte aux urgences sanitaires. Le Cameroun réaffirme ainsi sa volonté inébranlable de se hisser aux standards mondiaux de résilience face aux crises de santé publique.
L’ouverture des travaux à l'Hôtel Hilton de Yaoundé a réuni un parterre impressionnant de responsables de haut niveau des ministères piliers de l’approche « Une seule santé », de diplomates et de partenaires (Banque mondiale, Africa CDC, OMS AFRO, OMS Cameroun). Plus qu'un simple exercice technique, cette EEC est la preuve d'une volonté politique forte, visant non seulement à apprécier les efforts consentis par le pays, mais aussi à identifier les goulots d’étranglement à lever pour atteindre les standards recommandés.
L’importance de cet engagement a par ailleurs été soulignée par le Représentant Résident de l’OMS au Cameroun : « La sécurité sanitaire n'est pas une option, mais une nécessité urgente. » La pandémie de COVID-19 a rappelé au monde que le défaut de préparation coûte des vies et fragilise les économies ; le Cameroun l’a compris en optant pour la transparence et l’excellence.
Depuis la première évaluation en 2017, le pays a franchi des étapes significatives. Bien que le score global affiche une apparente stagnation (39,3 % en 2025 contre 39,6 % en 2017), cette donnée cache une progression structurelle majeure : l'évaluation de 2025 (Outil EEC version 3.0) est nettement plus rigoureuse et couvre 56 indicateurs contre 48 auparavant.
L'analyse comparative révèle une dynamique de performance positive :
- Réduction des vulnérabilités critiques : Le nombre d'indicateurs sans aucune capacité (Niveau 1) a reculé de façon significative, passant de 37,5 % en 2017 à 26,8 % en 2025.
Renforcement des bases : Les capacités "en développement" (Niveau 2) ont bondi de 33,3 % à 51,8 %, prouvant que le pays a désormais instauré des mécanismes pour la majorité des domaines techniques du RSI.
L'objectif ultime est désormais d'atteindre le Niveau 5 de Capacité Durable pour l'ensemble des 19 domaines techniques du RSI. Pour y parvenir, les experts recommandent trois axes prioritaires :
- Le Financement durable : Garantir des ressources prévisibles et des mécanismes de décaissement rapide.
- Laboratoire et Surveillance : Renforcer la détection communautaire et les capacités face aux risques spécifiques (chimiques ou radiologiques).
- La Réponse : Consolider les capacités opérationnelles du Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP) afin de garantir une gestion proactive et coordonnée des crises sanitaires.
Les conclusions de cette EEC constituent le socle de la révision du Plan d’Action National pour la Sécurité Sanitaire (PANSS). Ce futur plan sera innovant, intégrant pour la première fois les dimensions de genre, d'équité et de résilience climatique.
L'OMS, aux côtés de la solidarité internationale, renouvelle son engagement indéfectible à accompagner le Cameroun dans le renforcement de sa résilience face aux futures urgences de santé publique.