Intégration des systèmes de santé : une priorité pour des résultats durables

Intégration des systèmes de santé : une priorité pour des résultats durables

Cotonou – La capacité des systèmes de santé à répondre durablement aux besoins des populations dépend aujourd’hui de leur aptitude à mieux travailler ensemble. Alors que les financements internationaux diminuent et que les besoins de santé augmentent, l’intégration des services et des financements apparaît comme une réponse clé pour préserver les acquis dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, et pour améliorer l’accès à des soins de qualité. L’enjeu n’est plus seulement de mettre en œuvre des programmes efficaces, mais de construire des systèmes cohérents, solides et centrés sur les personnes.

C’est dans ce contexte qu’un atelier régional sur l’intégration dans le cadre du Cycle de subvention 8 (CS8) du Fonds mondial, ayant notamment conduit à l’élaboration de "l’Appel de Cotonou", s’est tenu du 30 mars au 1er avril à Cotonou, au Bénin. Il a réuni des représentants de dix pays — le Bénin, la République centrafricaine, le Congo, la Guinée, le Cameroun, la Mauritanie, Madagascar, la Guinée Bissau, le Togo et le Sénégal — ainsi que des collègues du Bureau régional de l’OMS Afrique. Des représentants des ministères de la Santé et des Finances, de la société civile et des partenaires techniques et financiers ont pris part aux échanges.

Les discussions ont permis de rappeler les principaux résultats obtenus grâce aux investissements nationaux et internationaux. Depuis 2002, le partenariat du Fonds mondial a contribué à sauver 72 millions de vies et à réduire de 63 % la mortalité liée au VIH, à la tuberculose et au paludisme. En Afrique, l’accès au traitement du VIH s’est largement amélioré, la tuberculose est mieux détectée et prise en charge, et le paludisme recule dans plusieurs pays. Ces résultats, bien que significatifs, soulignent aussi la nécessité d’en assurer la durabilité dans un contexte plus contraint.

Dans ce cadre, les autorités nationales ont rappelé l’importance d’une approche plus coordonnée. Le Professeur Benjamin Hounkpatin, Ministre de la Santé du Bénin, a souligné que « l’intégration des services constitue une stratégie essentielle pour optimiser l’utilisation des ressources, améliorer l’efficacité des interventions et garantir une prise en charge globale des patients ». Cette approche vise à mieux répondre aux besoins des populations tout en tenant compte des contraintes financières.

Au delà des résultats atteints, les échanges ont mis en évidence la nécessité de faire évoluer les modèles d’intervention. « Nous sommes à la fin d’un modèle et au début d’une exigence nouvelle : faire plus, faire mieux, avec moins de ressources externes », a relevé le Dr Jean Kouamé Konan, Représentant de l’OMS et chef de file des partenaires techniques et financiers au Bénin.  Cette transition repose sur une meilleure coordination des interventions et une intégration accrue des services, en particulier au niveau des soins de santé primaires et communautaires.

Concrètement, l’intégration vise à rapprocher les services afin d’offrir des soins plus complets et continus aux populations. Elle implique la convergence des interventions liées au VIH, à la tuberculose et au paludisme avec d’autres services essentiels, ainsi que le renforcement de fonctions clés telles que les ressources humaines, la chaîne d’approvisionnement, les systèmes d’information, les laboratoires et l’engagement communautaire. Cette approche permet de limiter les doublons et d’améliorer l’efficacité globale des systèmes de santé.

Dans la perspective du Fonds mondial, l’intégration constitue un axe central du Cycle de subvention 8. Selon Plaikessi Kouadjani, Gestionnaire de portefeuille principal et chef de groupe, « l’intégration n’est pas simplement un concept technique : c’est un changement de paradigme ». Elle vise à passer de programmes mis en œuvre de manière isolée à des systèmes de santé mieux organisés, orientés vers la durabilité et l’appropriation nationale.

Les travaux ont abouti à l’adoption de résolutions regroupées dans un document intitulé « "l’Appel de Cotonou", affirmant que l’intégration des services, des financements et des acteurs de la santé est désormais une priorité stratégique. Cet engagement collectif marque une étape importante vers des systèmes de santé plus efficaces, capables de produire des résultats durables au bénéfice des populations.
 

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Pour plus d'informations ou pour demander des interviews, veuillez contacter :
Kayi Lawson

Chargée de communication 
Bureau régional pour l'Afrique
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