Santé mondiale, recherche et Afrique francophone

Santé mondiale, recherche et Afrique francophone

« La progression vers la couverture sanitaire universelle ne peut se faire sans un accompagnement de la recherche », déclare la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique,  Dr Moeti Matshidiso.

Fort d’une collaboration scientifique de plusieurs décennies sur les maladies   infectieuses, les gouvernements ivoirien et français, avec l’appui de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI) de la France, ont organisé à Abidjan, le 19 janvier 2017, une journée centrée sur la recherche en Afrique francophone et sa contribution à la santé mondiale.

Invitée à ce forum scientifique, la Directrice régionale de l’OMS, Dr Matshidiso Moeti, a été représentée par les Représentants de l’OMS pour le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

Dans son adresse lue à l’occasion de l’ouverture de cette journée, par le Docteur Alimata Diarra-Nama, Représentante de l’OMS au Burkina Faso, le Dr Moeti a affirmé, que  « La progression vers la couverture sanitaire universelle ne peut se faire sans un accompagnement de la recherche ».

La Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique a d’abord félicité les pays francophones « pour leurs efforts pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) liés à la santé » avant de rappeler quelques indicateurs de santé dans cette partie de la région africaine de l’OMS.

Elle a mis l’accent sur « la mortalité maternelle  encore trop élevé par rapport à la moyenne régionale qui est de 542 décès maternels pour 100000 naissances vivantes ; les maladies transmissibles et les maladies tropicales négligées qui continuent d’être préoccupantes ; aucun pays n’a atteint ou n’est en bonne voie pour atteindre la cible qui vise à assurer à tous ceux qui en ont besoin, l’accès au traitement du VIH sida ; la tuberculose et le paludisme continuent de faire des ravages et les maladies non transmissibles ainsi que leurs facteurs de risque sont en nette augmentation ».

Ces indicateurs de santé dans les pays francophones de la Région africaine de l’OMS sont tributaires de (i) l’insuffisance des ressources nationales et le caractère imprévisible des ressources extérieures ; (ii) la faiblesse des systèmes de santé en particulier l’accès insuffisant à des services de soins  par ailleurs de mauvaise qualité ; (iii) les capacités humaines et institutionnelles limitées ; (iv) les inégalités dans l’accès aux interventions  éprouvées ; (v) la faible priorité accordée à la santé dans les politiques économiques et de développement ; (vi) la faiblesse de la réponse multisectorielle ; (vii) et l’insuffisance des capacités essentielles requises en vertu du règlement sanitaire international (2005).

Tout en admettant que « la santé est une condition préalable, mais aussi un résultat et un indicateur du développement durable », Dr Moeti a affirmé que « la progression vers la couverture sanitaire universelle ne peut se faire sans un accompagnement de la recherche. Une recherche responsable dont l’OMS fait la promotion dans le cadre de son mandat et son rôle de Gouvernance en matière de santé publique ».

Trois tables rondes ont meublé cette journée, autour de trois sous-thèmes très importants les uns que les autres. La première table ronde a porté sur "La voix des francophones au sein des instances multilatérales en santé". La deuxième sur "Francophonie, justice sociale et équité : de l’accès universel aux ARV à la couverture santé universelle" a enregistré la participation du Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire, Dr Jean Marie Vianny Yameogo. Enfin, la troisième  table ronde a porté sur "Quelle place pour la recherche francophone dans l’univers scientifique à dominance anglophone, défis et perspectives ?".

Lors de la deuxième table ronde sur "Francophonie, justice sociale et équité : de l’accès universel aux ARV à la couverture santé universelle", le Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire a souligné que la Couverture sanitaire universelle (CSU) pourrait se résumer en trois mots, à savoir « équité, qualité et accessibilité ». L’équité, parce que la santé est un droit et que personne ne doit être laissé de côté ; la qualité se rapportant à l’offre de soins qui doit être irréprochable qu’il soit préventif, curatif ou promotionnel ; et enfin, cette offre de soins doit être accessible autant  géographiquement que financièrement. Dr Jean Marie Vianny Yameogo a identifié trois défis essentiels à l’atteinte de la CSU notamment l’appropriation par les Etats membres, la mobilisation suffisante de ressources financières tout en privilégiant les financements innovants pour financer la CSU,   enfin, la qualité de l’offre des services qui n’est pas toujours en phase avec la demande.

Comme solutions, le Représentant de l’OMS a proposé un plaidoyer de haut niveau afin d’impliquer tous les secteurs, le renforcement du système de santé avec un accent sur les ressources humaines et l’amélioration de la qualité des soins, la recherche d’autres bailleurs pour le financement du secteur de la santé.

Cette rencontre de haut niveau avait pour objectif le partage des expériences de mise en œuvre de  l’accès universel aux soins au sein de l’espace francophone, en particulier en Afrique de l’Ouest. Elle visait également la recherche de voies et moyens de corriger le déséquilibre existant entre le français et l’anglais dans les instances de gouvernance de la « santé mondiale », et la littérature scientifique et médicale.

Elle a été co-organisée par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI) de la France, en collaboration avec le Gouvernement ivoirien à travers le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique et le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.

La rencontre a été ouverte par la  Ministre ivoirienne de la santé et de l’hygiène publique, Raymonde  Goudou Coffie, en présence de sa  collègue de la Solidarité, de la femme et de la Protection de l’Enfant, Mariatou Koné. Elle a également réuni d’éminentes personnalités du monde médical francophone et de nombreux chercheurs de renommée internationale, européens et africains.

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Pour plus d'informations, prière de contacter :

M. KONE Souleymane, Chargé de programmes, Promotion de la santé, Communication et Plaidoyer, Lutte contre le tabagisme, Tel : +225 22517222, Cel : +225 07148393, E-mail : koneso [at] who.int
Ci-dessous:

01. Dr Alimata Diarra Nama, Représentant de l’OMS au Burkina faso, a lu le message de la Directrice régionale de  l’OMS pour l’Afrique

02. Le Représentant de lOMS en Côte dIvoire, 2ème à partir de la droite, a participé à la table deuxième table ronde

03. Dr Raymonde Goudou Coffie, Ministre ivoirienne de la santé et de l’hygiène publique a salué le partenariat de la France avec son pays

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