Message du Directeur Régional à l’occasion de la commémoration de la Journée Mondiale de Lutte contre la Tuberculose, 2008

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THÈME: JE M’ENGAGE. HALTE À LA TUBERCULOSE

Aujourd’hui, 24 mars, nous commémorons la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose. Cette journée nous rappelle la découverte historique du bacille de la tubercule par Robert Koch en 1886, découverte qui a fait naître l’espoir d’un endiguement de cette maladie contre laquelle il n’existait pas jusque-là de traitement. Et de fait, le traitement efficace de la tuberculose est devenu possible peu après cette découverte, et est maintenant largement disponible à travers le monde.

Malheureusement, plus de 120 ans plus tard, la tuberculose demeure un problème majeur de santé publique dans le monde, et environ 25 % de tous les cas de tuberculose notifiés chaque année sont enregistrés dans la Région africaine qui n’abrite pourtant que 11 % de la population mondiale. Sur le continent, les Ètats Membres exercent le leadership dans les efforts visant à s’attaquer aux problèmes de santé prioritaires, et notamment à la tuberculose, et tous les pays mettent actuellement en œuvre des programmes de traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS). Toutefois, le nombre de cas de tuberculose notifiés ne cesse d’augmenter. Plus de 1,3 million de cas de tuberculose ont ainsi été notifiés dans la Région africaine en 2006, contre 1,1 million en 2005. L’augmentation du nombre de cas de tuberculose a été observée en particulier dans les pays ayant un fort taux de prévalence de l’infection à VIH.

Par rapport aux cibles fixées par l’Assemblée mondiale de la Santé pour la lutte contre la tuberculose dans la Région, dix pays ont atteint le taux de détection des cas de 70 %, et huit pays le taux de guérison de 85 %. Un État Membre seulement a atteint toutes les deux cibles.

Le Comité régional de l’OMS pour l’Afrique a adopté une résolution déclarant la tuberculose urgence sanitaire. Il a également adopté une stratégie régionale de lutte contre la double épidémie de tuberculose et de VIH/sida. La résolution demande l’accélération de l’extension des programmes DOTS et l’amélioration des taux de dépistage et de guérison de la tuberculose. Quant à la stratégie régionale, elle vise à promouvoir la mise à l’échelle des interventions conjointes de lutte contre la tuberculose et l’infection à VIH, au titre des soins systématiques administrés aux personnes souffrant de l’une ou l’autre de ces deux maladies. Il est réconfortant de noter que les taux de dépistage du VIH chez les personnes souffrant de tuberculose ont pratiquement doublé, le nombre de ces personnes passant de 141 000 en 2005 à 289 000 en 2006. Quelques pays de la Région africaine ont même atteint des taux de dépistage de 75 % chez ces personnes.

Bien que le niveau réel de la charge due à la tuberculose pharmacorésistante dans la Région demeure largement inconnu, les enquêtes conduites ont chaque fois signalé des cas de tuberculose pharmacorésistante. Les rapports reçus de 39 pays en 2007 ont confirmé l’existence de 5 990 cas de tuberculose à bacilles multirésistants dans 22 pays, et de 395 cas de tuberculose à bacilles ultrarésistants dans quatre pays. Bon nombre d’autres cas peuvent ne pas être détectés, dans la mesure où beaucoup de pays ne disposent pas de capacités diagnostiques suffisantes.

Le slogan retenu pour l’édition de cette année de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose est le suivant : «Je m’engage. Halte à la tuberculose». Ce slogan souligne la nécessité pour chacune et chacun de faire quelque chose pour arrêter la propagation de la tuberculose, tout en mettant en exergue le fait que l’action de chaque individu compte. Il souligne également la responsabilité collective de tous les individus et de tous les États Membres, au sein de la communauté internationale, dans la maîtrise de la tuberculose. La première action devrait être d’encourager toute personne traînant une toux de trois semaines ou plus à se faire consulter dans un établissement de santé.

Le Bureau régional continuera de collaborer avec les partenaires régionaux et internationaux pour fournir aux pays un appui technique leur permettant de promouvoir et de garantir la mise à l’échelle des interventions efficaces de lutte contre la tuberculose, afin de réduire les souffrances et la mortalité dues à cette vieille maladie qui persiste, bien qu’elle soit curable.

Je m’engage. Halte à la tuberculose. Et vous?