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Hygiène et assainissement du milieu - Etat de la situation

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Santé et environnement au Congo

Le Congo est l'un des pays les plus urbanisés d'Afrique au Sud du Sahara. En effet près de 70% de la population vivent dans les quatre principales villes du pays. Cette urbanisation accélérée se fait, malheureusement au mépris des plans directeurs d'urbanisme et des schémas directeurs d'assainissement. Le Congo est un pays en situation de post-conflit. Après des années de guerre civile à répétition, la situation économique du pays reste marquée par un lourd passif : dette extérieure énorme, infrastructures publiques obsolètes ou détruites par les conflits. En 2005, la population totale du pays était estimée à 3 551 500 habitants, 1 779 300 personnes vivent en dessous du seuil de la pauvreté soit un ratio de 50.1%.

En dépit de l'importance de son réseau hydrographique et de son abondance pluviométrie, le taux de desserte en approvisionnement en eau de consommation humaine est estimé à environ 69% pour l'ensemble du pays. Le taux de couverture en assainissement collectif est de 24% en milieu urbain. Très peu de ménages disposent des installations sanitaires hygiéniques. En effet, en milieu urbain seulement 9% de ménages disposent de latrines type fosses septiques et 0.5% de ménages en milieu rural.

La gestion des déchets biomédicaux pose un réel problème de santé publique et d'environnement. L'estimation de la production minimale annuelle de ces déchets est d'environ 341 tonnes pour les hôpitaux, les laboratoires et les CSI à PMA élargie au Congo . Les formations sanitaires ne disposent pas de politique ni de directives de gestion de déchets biomédicaux. Elles n'ont pas pour la plupart de services d'hygiène hospitalière appropriés et organisés. Les déchets solides biomédicaux sont jetés dans des décharges sauvages sans traitement préalable.

L'exploitation pétrolière off shore et on shore à Pointe Noire et dans ses environs contribue énormément à la pollution de la façade atlantique du Congo et de l'air principalement au niveau du terminal de Djéno, de la raffinerie, des sites d'extraction de la Pointe Indienne et de Kondi ainsi que leurs alentours.

La pollution atmosphérique est aussi observée pendant les heures de grand trafic automobile et le soir au coucher du soleil. En effet, 90% des véhicules à moteur qui circulent dans le pays sont « des occasions d'Europe » ne disposant pas souvent de pot catalytique ni d'autres dispositifs d'épuration de gaz. Ces véhicules utilisent de l'essence produite par la compagnie nationale de raffinage (CORAF) avec une teneur en plomb égale à 0,10 g/l. En milieu rural, la pollution atmosphérique est le fait du feu pour la cuisson des aliments à l'intérieur et/ou à l'extérieur des habitations, le chauffage et l'éclairage à l'intérieur des habitations, la lutte contre les moustiques et le brûlis pour l'agriculture.

Du fait de l'insalubrité dans laquelle sont plongées les villes et les villages du Congo, le tableau épidémiologique est dominé par les maladies dues à la dégradation de l'environnement notamment le paludisme qui représente la première cause de morbidité avec 54 % des motifs de consultation dans la population générale en 2002, les infections respiratoires aiguës (IRA) viennent au second rang des motifs de consultation chez les enfants de moins de 5 ans après le paludisme. Au cours de la même année, 1201 cas de pneumonie dont 40 décès ont été notifiés dans les hôpitaux de Brazzaville. Pour les autres infections respiratoires aiguës, 48942 cas dont 321 décès ont été déclarés. En 2003, à Brazzaville, les IRA représentaient dans les CSI, 33% de tous les motifs de consultation et 29,8% des causes de décès enregistrées dans les hôpitaux auprès des enfants de moins de 5 ans. Les maladies diarrhéiques constituent un important problème de santé surtout chez les jeunes enfants. Au cours des trois dernières années, les maladies diarrhéiques sont passées de la deuxième à la troisième cause de consultation dans les formations sanitaires, après le paludisme et les IRA. Une enquête sur les connaissances, aptitudes et pratiques (CAP) réalisée à Brazzaville en 2000, auprès des ménages, a montré une prévalence instantanée de diarrhées de 70,7 cas pour 1000 dont 13 % de diarrhées sanglantes, l'incidence instantanée est de 3,4.

En 2002, 19 411 cas de diarrhées ont été notifiés, comprenant 55,4 % de diarrhées aiguës, 22,6% de gastro-entérites aiguës, 14,7 % d'amibiases et 7,4 % de shigellose,

Une épidémie de shigellose avait éclaté dans le département du Niari au cours des deux derniers trimestres de l'année 2004, avec 222 cas et 7 décès. La précarité des conditions d'hygiène et la mauvaise qualité de l'eau de boisson étaient à l'origine de cette épidémie. Les fièvres typhoïdes, les dermatoses et les parasitoses intestinales sont aussi classées parmi les premières causes de morbidité générale.

Stratégie

La stratégie du programme repose sur le renforcement des capacités nationales en matière de: (i) formulation et de mise en œuvre des programmes de développement communautaire intégrés, prenant en compte la composante sante de la lutte contre la pauvreté; (ii) promotion des modes de vie sains et de réduction des facteurs de risques pour la sante lies à l'environnement; (iii) formulation et de mise en œuvre des projets de sante et environnement et de décentralisation des programmes d'hygiène, eau et assainissement dans les districts sanitaires.

Principales activités

Renforcer les capacités du ministère de la santé et des autres partenaires pour la mise en œuvre des plans stratégiques de la politique nationale santé et environnement

Promouvoir la participation des relais communautaires dans la lutte contre les vecteurs

Renforcer les capacités du ministère de la santé et des autres partenaires pour la mise en œuvre des programmes spécifiques de la santé environnementale (gestion des déchets biomédicaux, programmes villes santé, marchés santé, écoles santé, SARAR/PHAST)

Développer des outils pour la mise en place d'un système d'information santé et environnement