12 fevrier 2001 -- Les pratiques d'alimentation constituent un facteur déterminant de l'état nutritionnel des nourrissons et des enfants et affectent leur morbidité et leur mortalité. Parmi ces pratiques, celles concernant l'allaitement maternel revêtent une importance particulière.
Le lait maternel a été de tout temps la porte d'entrée de la nutrition infantile. Cependant, l'allaitement maternel n'est pas un robinet que l'on peut ouvrir ou fermer à loisir. Les mères doivent bénéficier de l'appui des autres membres de la famille notamment du mari et avoir confiance en leur capacité à produire du lait. Autant le lait de vache est destiné au veau, autant le lait de la femme est fait pour le bébé et ceci doit être constamment réaffirmé. Jusqu'à l'âge de six mois, les bébés n'ont besoin que du lait maternel pour grandir et se développer, à l'exclusion de tout autre aliment, boisson ou décoctions de racines ou de feuilles. Au delà de la relation affective irremplaçable qu'il permet d'établir entre la mère et l'enfant, le lait maternel apporte à ce dernier, pendant les six premiers mois, les anticorps et la vitamine A nécessaires pour sa protection contre les infections.
Après six mois, des aliments de complément doivent s'ajouter graduellement. Dans le courant de la deuxième année, on donne davantage d'aliments consommés dans la famille tout en poursuivant l'allaitement maternel. L'allaitement maternel renforce le développement et la survie de l'enfant. On sait aujoud'hui que la malnutrition, même légère, peut accroître les risques de mortalité associés à certaines maladies et contribuer jusqu'à 54 % de la mortalité infantile.
Avec les progrès accomplis dans le domaine de l'informatique, il est possible de faire des projections (PROFILES) sur les décès des enfants de moins d'un an attribuables aux mauvaises pratiques d'allaitement maternel. C'est ainsi que l'on a pu estimer la proportion de décès d'enfants attribuables à des mauvaises pratiques d'allaitement maternel. Pour ne citer que deux exemples, cette proportion est de 16 % en Ethiopie et 25 % au Togo. Il est donc évident que le lait maternel permet de sauver des vies et de réduire la mortalité infantile.
En plus de ses qualités biologiques et physiologiques, le lait maternel possède une valeur économique souvent insoupçonnée et ignorée par les ménages eux-mêmes ou les décideurs politiques. Cette valeur économique a pu être estimée en partant de la valeur monétaire ou financière du lait artificiel que l'on utiliserait en lieu et place du lait maternel pour l'alimentation du nourrisson. A l'échelle nationale, les projections en termes de gains de devises sont impressionnantes :
Ces qualités de médiateur de la relation affective mère-enfant, de source d'épargne importante, d'élément indispensable de croissance en bonne santé de l'enfant confirment bien que le lait maternel est source de vie et de développement économique.
C'est pourquoi, tous les pays doivent poursuive le plaidoyer et encourager l'allaitement exclusif au sein jusqu'à 6 mois, sauf pour les mères infectées par le VIH, qui doivent suivre dans ce cas, les conseils et l'avis de l'équipe soignante.
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Mr. Lardja Sanwogou