Fin de la réunion du Comité régional d'experts de l'OMS sur la médecine traditionnelle

Brazzaville, 24 novembre 2004 -- Le Comité régional d'experts de l'OMS pour la médecine traditionnelle recommande que les Etats membres utilisent les outils révisés de collecte de données développés par le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique pour collecter et documenter la production locale des médicaments issus de la médecine traditionnelle.

Certains pays membres du Comité tels que la République démocratique du Congo, le Ghana, Madagascar et le Nigeria ont présenté les résultats de l'analyse de situation de la production locale des médicaments issus de la médecine traditionnelle réalisée grâce à ces outils.

A l'issue d'une réunion tenue du 16 au 19 novembre à Brazzaville (Congo), les Membres du Comité ont également recommandé que l'OMS développe un document sur les bonnes pratiques de la médecine traditionnelle pour compléter les outils déjà développés par l'Organisation et qui sont disponibles dans les Etats Membres. Ce document doit établir, entre autres, des normes pour la pratique de la médecine traditionnelle qui seront adaptées et adoptées au niveau des pays et exploitées pour l'auto-régulation de l'activité des praticiens de la médecine traditionnelle.

La réunion a par ailleurs recommandé que le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique, en collaboration avec l'Union africaine, organise à l'intention de tous les partenaires un atelier de trois jours sur le droit de la propriété intellectuelle en matière de savoir en médecine traditionnelle.

La réunion à laquelle prendront part l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) basée à Yaoundé (Cameroun) et l'Organisation africaine de la propriété industrielle (ARIPO) qui a son siège à Harare (Zimbabwe) discutera, entre autres, du droit de la propriété intellectuelle et de la protection du savoir indigène en médecine traditionnelle africaine.

Le Directeur régional de l'OMS sortant, Dr Ebarhim Malick Samba, a réitéré l'appel qu'il a lancé aux gouvernements africains, aux praticiens des médecines moderne et traditionnelle à travailler ensemble pour garantir la promotion et l'institutionalisation de la médecine traditionnelle.

" Les sciences médicales contemporaines devraient promouvoir et enrichir la médecine traditionnelle pour que les populations se sentent à l'aise. Si nous, les Africains, ne développons pas la médecine traditionnelle, personne d'autre ne le fera à notre place ", a ajouté le Dr Samba.

Il a exhorté les pays africains à développer la médecine traditionnelle et à l'adapter à leur contexte spécifique en vue de réduire la mortalité et les incapacités causées par les troubles mentaux et les maladies telles que le paludisme, la tuberculose et le SIDA.

Bien que la médecine traditionnelle ait été qualifiée " d'arriérée " à l'époque coloniale, la pratique de cette médecine s'est poursuivie parce-qu'elle est culturellement acceptée par la majorité des Africains.

Selon le Dr Samba, la médecine traditionnelle est accessible et d'un bon rapport coût-efficacité pour plus de 80% d'Africains. En outre, elle constitue une source d'espoir pour la prise en charge et le traitement de maladies majeures telles que le SIDA et la drépanocytose.

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