Le Dr Sambo en appelle à une action collective ferme de multiples parties prenantes pour lutter contre les maladies non transmissibles dans la Région africaine

Johannesburg, le 18 mars 2013 -- Le Directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique, le Dr Luis Sambo, a souligné l’impérieuse nécessité d’inverser la tendance de l’incidence croissante des maladies non transmissibles (MNT) dans la Région africaine, à travers des actions multisectorielles.

S’adressant aux délégués à l’ouverture du Dialogue multipartenaires sur la prévention des facteurs de risque des maladies non transmissibles dans la Région africaine, le Directeur régional a indiqué qu’«une politique de santé adaptée et des actions préventives sur les facteurs de risque et leurs déterminants aux niveaux du gouvernement, des communautés et de chaque individu peuvent interrompre et même inverser la tendance de l’incidence croissante actuelle des MNT.»

Le Directeur régional a fait observer qu’un tiers de la mortalité liée aux MNT survient prématurément, pendant les années les plus productives de la vie, ce qui affecte négativement le développement économique. Il a cité le tabagisme, l’usage nocif de l’alcool, la mauvaise alimentation et le manque d’exercice physique parmi les facteurs de risque des MNT. Il a souligné que les décideurs et les populations ne sont généralement pas informés de ces facteurs de risque. La plupart des facteurs de risque des MNT sont liés aux comportements et aux modes de vie, ce qui signifie qu’ils peuvent être modifiés.

«Les gouvernements et les parlementaires, ainsi que les représentants des organisations de la société civile et des associations de consommateurs doivent formuler des politiques, définir des normes, adopter et promulguer des législations qui protègent la santé publique et présentent aux individus des faits avérés pour leur permettre d’opérer des choix éclairés», a-t-il ajouté.

Le Directeur régional s’est appesanti sur le renforcement de la capacité des services de santé à s’occuper des aspects cliniques des maladies chroniques, à travers l’approche des soins de santé primaires, en particulier par la dotation de personnels qualifiés et l’accessibilité de médicaments et technologies.

Dans son allocution de circonstance, le Ministre de la Santé de l’Afrique du Sud, le Dr Aaron Motsoaledi, a relevé que la prévention et les soins des MNT passent par un financement durable permettant de réaliser l’objectif de la couverture sanitaire universelle. Le Dr Motsoaledi a indiqué que, compte tenu des ressources limitées des pays de la Région africaine, il sera encore plus difficile d’assurer la couverture sanitaire universelle, sauf si l’on accorde plus d’attention à la prévention des maladies et à la promotion de la santé.

«Cela signifie qu’il faut entreprendre une action urgente sur les déterminants sociaux de la santé et les facteurs de risque spécifiques des MNT. Si nous n’y parvenons pas, nos services de santé seront encore plus débordés qu’ils ne le sont déjà eu égard au nombre croissant de personnes malades. Nous n’avons guère de choix : nous devons faire plus d’efforts pour prévenir la maladie et promouvoir la santé et les modes de vie sains», a-t-il ajouté.

Le Dr Motsoaledi a évoqué certaines des initiatives et réglementations appliquées en Afrique du Sud pour lutter contre les MNT. Il s’agit notamment de la réglementation sur l’utilisation du sel dans les aliments transformés, de la réglementation sur l’utilisation des acides gras trans dans les processus de production d’aliments, et des réglementations proposées pour réduire davantage le tabagisme. De manière particulière, le ministre a indiqué que le gouvernement sud-africain a pris des mesures en vue de l’établissement de la Commission nationale de promotion de la santé, placée sous la supervision du cabinet présidentiel, pour contribuer à l’allègement du fardeau des MNT.

Le Dr Motsoaledi a insisté sur l’importance des données actualisées pour suivre les tendances des MNT et de leurs facteurs de risque, et sur la mise en place de mécanismes permettant aux pays de partager leurs expériences respectives. L’OMS facilitera le processus d’établissement de tels mécanismes.

La Région africaine de l’OMS est confrontée à une charge de morbidité sans cesse croissante des MNT, qui s’ajoute à la menace continue des maladies transmissibles. Les principales MNT comprennent les maladies cardiovasculaires, les affections respiratoires chroniques, le diabète, le cancer, la drépanocytose et les conséquences de la violence et des accidents de la circulation. Le tabagisme, l’usage nocif de l’alcool, la mauvaise alimentation et le manque d’exercice physique sont les facteurs de risque de l’épidémie des MNT. Ces facteurs agissent seuls ou de manière combinée, pour influer négativement sur la santé des populations.

L’événement de trois jours organisé sur le thème «Les facteurs de risque d’aujourd’hui sont les maladies de demain» se tient à Johannesburg (Afrique du Sud). Il a pour objectif de promouvoir l’échange d’idées, d’examiner les défis et d’explorer les opportunités permettant d’inverser ou d’interrompre la tendance alarmante de la prévalence des maladies non transmissibles. Le dialogue de Johannesburg vise à recueillir un grand nombre d’idées concernant la promotion de la santé, l’appui et la protection contre les effets nocifs du tabac, de l’alcool, de la mauvaise alimentation et de la sédentarité.

Près de 200 délégués prennent part à ce dialogue, notamment des experts en santé publique qui se sont spécialisés dans les MNT et leurs facteurs de risque, des chercheurs et des praticiens, de hauts responsables représentant les départements ministériels concernés, l’industrie alimentaire, les organisations intergouvernementales et d’autres parties prenantes de la santé.
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