Les dirigeants africains invités à renouveler leur engagement en faveur de la vaccination

Windhoek, Namibie 5 décembre 2011 -- Les dirigeants africains ont été priés d’accélérer les efforts en vue de l’éradication de la poliomyélite dans la Région africaine. Cet appel a été lancé par le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Luis Sambo, lors de la cérémonie d’ouverture de la 3ème Conférence régionale annuelle sur la vaccination, qui se tient du 5 au 8 décembre 2011 à Windhoek, Nami-bie, sur le thème «Vers une Afrique exempte de polio».

Le Directeur régional a évoqué les résultats obtenus en matière de vaccination systématique en faisant observer que même si le nombre de pays ayant atteint un taux de couverture vaccinale de 90 % est passé de 10 à 15, la couverture moyenne actuelle par le DPT3 se situe à 78 %, contre 79 % l’année dernière. Le Dr Sambo s’est déclaré préoccupé de ce que 31 pays sur les 46 que compte la Région africaine de l’OMS ne sont pas en voie d’atteindre la cible de 90 % de couverture par la vaccination systématique recommandée dans la stratégie intitulée «La vaccination dans le monde : vision et stratégie».

S’agissant des nouveaux vaccins, le Directeur régional a déclaré que le vaccin antipneumoccocique conjugué a déjà été introduit dans 13 pays, et 17 autres devraient suivre cet exemple lors des deux pro-chaines années. En outre, le vaccin antirotavirus devrait être introduit dans 18 pays au cours de la même période.

Le Directeur régional a annoncé aux participants que depuis l’introduction du vaccin conjugué contre le méningocoque A (MenAfricVac) au Burkina Faso, au Mali et au Niger, quatre cas seulement de méningite A ont été notifiés au cours de la saison épidémique 2011, chez des individus non vaccinés. Le Dr Sambo a révélé que les résultats des essais cliniques de phase 3 du vaccin antipaludéen expérimental RTS,S ont montré que l’administration de ce vaccin peut empêcher le développement de la forme clinique du paludisme chez 55 % des individus et entraîner une réduction de 35 % du paludisme sévère chez les personnes vaccinées. Le Directeur régional espère que ce vaccin pourra être utilisé d’ici 2015.

Le Dr Sambo a déclaré que «l’engagement politique fort [manifesté par les dirigeants africains], la mise au point de nouveaux vaccins et l’adoption de mécanismes de financement innovants offrent une excellente occasion d’élargir les avantages de la vaccination». Le Directeur régional a appelé les gouvernements à investir davantage dans la vaccination en vue d’obtenir des avantages sur le double plan social et économique. Il a regretté le fait que malgré la disponibilité de nouveaux vaccins qui pourraient accélérer l’atteinte de l’OMD 4, des enfants sont encore laissés pour compte en raison du coût prohibitif des vaccins.

Les progrès en matière d’éradication de la poliomyélite ont été mitigés. La transmission du poliovirus sau-vage perdure dans les zones à haut risque des pays endémiques et réinfectés. Eu égard à cette situation, les Ministres de la Santé ont adopté, lors de la soixante et unième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique (CR61) tenue à Yamoussoukro, Côte d’Ivoire, une résolution qui invite instamment tous les pays infectés à traiter la persistance de la poliomyélite comme une urgence de santé publique nationale. Les Mi-nistres ont également entériné l’objectif d’élimination de la rougeole dans la Région africaine, en vertu duquel tous les pays doivent formuler et mettre en œuvre des plans nationaux d’élimination de la rougeole d’ici 2020.

S’exprimant au nom de Son Excellence Hifikepunye Pohamba, Président de la République de Namibie, le Premier ministre, Son Excellence Nahas Angula, a annoncé aux participants que la vaccination constitue une intervention de santé publique très réussie et d’un excellent rapport coût-efficacité. Le Premier ministre a souligné la nécessité d’adopter des stratégies innovantes et efficaces en vue de garantir que tous les en-fants sont vaccinés.

Et d’ajouter : «Je reste convaincu que la Région africaine est capable d’éradiquer la poliomyélite, comme l’ont fait d’autres Régions du monde. Cependant, pour atteindre cet objectif d’endiguement et de maintien du niveau de certification, il faut un engagement accru des gouvernements nationaux, des organisations partenaires et des divers intervenants, parmi lesquels le secteur privé.» Le Premier ministre de Namibie a demandé aux pays de rester vigilants et de renforcer la vaccination car celle-ci sert de levier à la fourniture d’autres interventions de survie de l’enfant.

La conférence de quatre jours organisée par l’Organisation mondiale de la Santé rassemble plus de 200 participants, parmi lesquels des experts de la vaccination et de la recherche-développement vaccinale, des spécialistes de la santé et des partenaires au développement, afin d’examiner les progrès réalisés et d’adopter des stratégies de lutte contre les maladies évitables par la vaccination.

Les participants plancheront sur bien d’autres sujets comme les nouveaux vaccins et leur impact sur la réduction de la charge de la maladie, les défis financiers liés à la vaccination, l’accélération de la lutte contre les maladies évitables par la vaccination et les défis liés à l’éradication de la poliomyélite.

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Le Dr Deo Nshimirimana
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M. Collins Boakye-Agyemang
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Mme Michelle Thulkanam
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